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<title>NGC 581 - reflexions</title>
<description>NGC 581</description>
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<lastBuildDate>Tue, 23 Dec 2008 14:04:37 +0100</lastBuildDate>
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<title>Chaque homme est assassiné</title>
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<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Thu, 24 Apr 2008 18:09:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;J’ai tourné dans tous les sens des pensées impossibles, je me suis tapé violemment la tête contre le mur, j’ai voulu en finir avec cette saleté d’écriture, pour laisser le vide, le calme… mais rien, il n’est pas de repos ici-bas, on est pas sur Terre pour foutre que dalle, faut bosser comme des charognes&amp;nbsp;! Qui a été le premier à s’élancer… le mot ou l’esprit&amp;nbsp;? Je veux dire&amp;nbsp;: suis-je esclave des mots et puis-je briser mes chaînes&amp;nbsp;? De toutes façons, les deux, on expulse&amp;nbsp;! On peut pas en stocker là dans les neurones, faut que ça sorte, à tout prix, faut que ça circule, faut que ça bouge sur les murs de la caverne&amp;nbsp;! Alors, on peut pas ouvrir le gaz, faut continuer à marcher au garde-à-vous&amp;nbsp;! Quand y a plus de piles, quand les batteries sont à plat faut prendre ses jambes à son cou, faut dégager vite fait&amp;nbsp;! Faut racler au fond du cerveau, agiter les ombres. C’est que ça raconte des histoires impossibles, pas faciles à comprendre. Je pose mes mots sur le réel comme je peux, je me brûle les doigts sur les mots… les mots c’est pire que tout, ça vous consume de l’intérieur, ça vous découpe en morceaux&amp;nbsp;! Même à marcher sur la plage déserte, y a toujours les mots qui cognent aux carreaux&amp;nbsp;! Y a toujours des massacres, des tortures dans la tête&amp;nbsp;! Alors, on peut pas aller se réfugier à l’autre bout de la terre, faut pas croire au Père Noël et aux contes de fées&amp;nbsp;! Où que vous alliez soyez prêts à affronter vos propres mots&amp;nbsp;! Ca vous court après comme un chien et ça vous mord le cul&amp;nbsp;! Il convient de rester immobile, à l’affût, prêt à dégager au bon moment quand ça vous saute à la gorge&amp;nbsp;! On peut toujours écrire&amp;nbsp;une histoire avec les mots et quand elle est finie, on peut toujours rajouter un chapitre, un autre cauchemar, un autre charnier. Alors, fermer sa gueule, en quelque sorte, c’est tout à fait égoïste, c’est même carrément impossible&amp;nbsp;! Y a trop de cons sur Terre, on peut pas s’en tirer comme ça&amp;nbsp;! Et puis à l’intérieur aussi, ça s’agite trop dans tous les sens&amp;nbsp;! Alors, j’estime ne pas avoir le droit de fermer ma gueule. Puisque j’ai reconnu l’écriture comme élément vital. Tout comme j’ai une carte Vitale qui me sert à la pharmacie, j’en ai une sous les doigts pour la santé de ma conscience. Je sais que l’exercice est sans fin. Il ne s’agit pas d’une activité comme une autre. Et c’est désespérant. Désespérant de courir après les mots. Désespérant de s’agiter pour tout, pour rien. Un mot est-il écrit qu’un autre, que mille autres se pressent&amp;nbsp;! Le repos même est volé, précaire, menacé par tous les synonymes, par tous les signes de la langue française&amp;nbsp;! Chaque expression est une rumination. Je suis une vache&amp;nbsp;: je rumine&amp;nbsp;! Une vache dans le pré qui regarde passer les trains. Je m’en fous pour ma gueule&amp;nbsp;; le repos tout relatif est bien là. Mais je suis alerte, attentif puisque c’est la nature de l’homme depuis qu’il a découvert le feu. Des centaines de milliers d’années plus tard, l’homme n’est pas sorti de sa préhistoire. Il s’enfonce dans les ténèbres. Je suis et nous sommes un élément insignifiant de ce monde. Ce n’est pas une raison pour se taire, pour ne pas gueuler sa rage partout où il est possible de la gueuler. Alors, on découvrira que nous ne sommes que des photons. Oui, la poésie n’a pas d’avenir dans les mots. Elle n’a pas d’avenir dans une construction qui la tienne. Elle est un château de cartes dès lors qu’elle oublie qu’elle est née et qu’elle est fruit de l’impossible. Déchirez vos poèmes&amp;nbsp;! Postez-les comme des nuages de coton dans le ciel. Si on peut encore croire à la poésie. Si on peut croire à son pouvoir de transformation. Oui, nous ne sommes pas fruits du poème, mais fruits des famines et des massacres passés et à venir. Terribles conséquences sur les mots. Terribles conséquences sur l’esprit. Le poète est un homme. Pas plus avancé ni plus intelligent qu’un autre. Le poète se tient au pied de la tour de Babel, face à toutes ses contradictions, sommé par sa conscience d’effectuer toutes ses métamorphoses. L’esprit encaisse, mais c’est bon pour la gueule. Il est bon de voyager, de découvrir de nouveaux horizons. Je suppose qu’il n’y a pas de clef. Je suppose que les questions se posent à chacun. Qu’on voudrait tous dépasser notre propre horizon. Je suppose qu’il n’y a pas de méthode, seulement des choix qui se font à chaque instant de la vie. Si la poésie est un miroir de nous-mêmes, à nous d’en faire une arme. A nous de faire du poème la foudre qui déchirera le ciel. Voyez, je crois encore à la poésie&amp;nbsp;! Alléluia&amp;nbsp;! NGC 581 n’est peut-être pas mort&amp;nbsp;! Mardi soir sur Arte le documentaire &lt;i&gt;Le cauchemar de Darwin&lt;/i&gt; sur la vie en Tanzanie au bord du Lac Victoria et la mondialisation. Je ne mangerai plus de Perche du Nil. Des images insoutenables - mais elles sont bien de ce monde - de têtes de poissons frites et séchées au soleil parmi les vers et la puanteur… on y travaille les pieds dans la boue. Les enfants sont en haillons et se battent pour une assiette de riz. Ils sniffent de la colle. Fument. Dorment dans la rue. Les avions viennent à vide ou amènent des armes et repartent en Europe avec les poissons. Pour gagner de l'argent, il faut en vendre beaucoup et ils sont de plus en plus rares. On souffre de famine. Parfois, il faut faire la guerre. Un article du dernier numéro de &lt;em&gt;La Vie&lt;/em&gt; indique que 24 000 personnes meurent chaque jour des conséquences de la faim, dont 18 000 enfants. Il n’y a pas de mots pour ça. Il n’y a pas de mots pour décrire tant de choses qui se passent aujourd’hui ailleurs, dans les murs et aux portes de ce monde occidental.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;M. JEAN ZIEGLER, &lt;u&gt;Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation&lt;/u&gt;, a indiqué que malgré les nombreuses promesses faites pour éradiquer la faim lors du Sommet mondial de l'alimentation en&amp;nbsp;1996, le nombre de personnes souffrant de la faim ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, 852&amp;nbsp;millions de personnes souffrent de la faim, 24&amp;nbsp;000&amp;nbsp;personnes meurent de faim chaque jour, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et six millions d’entre eux n’atteindront jamais l’âge de cinq ans.&amp;nbsp; Cela dit, la planète produit de quoi nourrir tous les habitants de la planète et pourrait même nourrir 12 milliards de personnes.&amp;nbsp; La faim et la famine constituent donc une violation des droits de l’homme, a estimé M. Ziegler. Chaque homme qui meurt de faim aujourd’hui meurt assassiné, a-t-il dit.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AGSHC3861.doc.htm&quot;&gt;Assemblée générale des Nations-Unies&lt;/a&gt; 25 octobre 2006.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Ailleurs</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/04/06/ailleurs.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Sun, 06 Apr 2008 20:29:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, la vie du poète est un combat. Qu’il s’agisse d’un combat sur lui-même, d’un combat contre un asservissement ou une dictature, contre un ordre social établi et injuste. Nous devrions tous être attentifs à ces combats, car ils font notre identité, ils portent les valeurs chèrement acquises et auxquelles nous croyons&amp;nbsp;: celles des Droits de l’Homme. Ce combat n’est jamais gagné d’avance mais il nous concerne tous à chaque instant. Il est plus qu’urgent de prendre la parole au nom de la poésie et de ces valeurs inaliénables, peut-être pas pour nous mais pour ceux qui croient encore fermement aux fondements et aux vertus de cette parole.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le poète dérive dans l’océan de son esprit ténébreux, à la recherche des photons comme autant de réponses à ses questions existentielles. En principe, une phrase vient après l’autre, sauf quand la douleur est trop grande, quand la parole ne suffit pas, quand il est impossible de s’exprimer en dehors d’une éructation involontaire&amp;nbsp;; alors l’écriture prend une dimension tragique, ne tenant sa libération que dans la rumination de la souffrance, insupportable. Le poète ne découvre l’or de son esprit qu’à force de travail, au prix de sa sueur. Le plus souvent, on peut lire sur sa porte&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;fermé, ne pas déranger.&amp;nbsp;» C’est qu’il vit reclus dans sa caverne occupé à lutter contre des pensées qui n’ont jamais de fin. A quoi rime donc cette activité journalière&amp;nbsp;? N’espère-t-il pas accéder par là à un autre niveau de conscience&amp;nbsp;? Pourtant, il sait bien que rien n’est magique en ce monde, qu’il n’y a pas de miracle, que tout résulte d’un travail, d’un lent et difficile travail. Une à une, il explore les strates de son esprit, avec à chaque instant une idée de la fin. Il rêve du moment où il pourra se détourner de toute cette attention, mais il sait, il sait que seule la mort peut lui apporter cette ultime réponse. Alors il continue. Il reprend chaque matin sa route, refait éternellement les mêmes sentiers, se repasse incessamment le film de sa vie. Comme le condamné à mort qui fume sa dernière cigarette, il se souvient, en une seule minute l’intégralité de son existence repasse devant ses yeux. Comme si chaque seconde allait être la dernière. Et il ne peut pas passer à côté. Il ne peut pas ne pas ressentir cette angoisse qui lui remonte au cœur. Dans son royaume aquatique, l’éternité ne dure qu’une seule seconde et chaque seconde est une éternité. On se demande bien par quelle ouverture, par quelle brèche dans le tissu du néant son angoisse insurmontable se transforme en bain de soleil. Mystérieux est le passage entre ces états contradictoires. Pour chaque porte il existe une clef. Pour chaque poison il existe un antidote. Du moins c’est ce qu’il peut croire. Jusqu’à trouver la dernière porte, le dernier passage vers l’Autre monde. C’est bien ainsi qu’enfant, il s’imaginait le monde, c’est ainsi qu’il concevait la réalité. Et puis, qu’y a-t-il derrière le miroir&amp;nbsp;? Qu’y a-t-il au bout du chemin&amp;nbsp;? Comment se résoudre à ne pas savoir&amp;nbsp;? Il lui faut absolument savoir. Ses textes sont-ils définitivement condamnés à rester inachevés&amp;nbsp;? Sa pensée devra-t-elle rester en suspend&amp;nbsp;? Car il sait bien que les mystères de ce monde sont impénétrables. Il sait qu’en dehors du réel, il n’y a rien. Jusqu’au moment ultime il s’arrachera les cheveux. Jusqu’à la fin il continuera son étude, afin de savoir ici ce qu’il en est. Quelle présomption&amp;nbsp;! Mais peut-on lui reprocher sa curiosité, son intérêt pour ce qui défie la conscience depuis le début des temps&amp;nbsp;? Avec lui je ne cesse d’étudier cette réalité. Avec lui je m’insurge de la monstruosité de ce monde. Avec lui j’essaie quelques paroles dans l’utopie de peser au moins sur ce qui m’entoure. Et avec lui je suis face à ce miroir. Mon corps prend l’allure d’un point d’interrogation, les mots sont mes membres. Voici ce que je peux donner. Voici tout ce que j’ai pu rassembler de l’éparpillement, des neurones de ma conscience. Il y a forcément autre chose, ailleurs. Evidemment tout n’est pas dit dans ce miroir, je garde en moi et au fond des trous noirs un trait de caractère que je ne connais pas encore. Je suis un être inachevé. Je suis constitué de mes multiples reflets dans le miroir. J’ai derrière moi toute l’existence des cascades et des randonnées en montagne, tous les moments passés au bord de l’eau. Est-ce cela que nous appelons l’inconscient&amp;nbsp;? Cet océan intérieur, infini, cet horizon de stabilité et de dangers, de possibilités insondables. Et puis, avec lui je me demande&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;- où va-t-on&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Avec lui je suis face à la fenêtre, la même fenêtre de mon enfance. Avec lui je regarde les étoiles, je distingue les constellations. Je me dis que le bonheur est ici, dans ce jardin, les yeux au ciel. Que la vie terrestre n’est qu’un passage vers une autre réalité, vers un autre espace-monde. Que cet être fugitif va peut-être s’inscrire dans la continuité des étoiles. Evidemment je rêve, évidemment je suis ailleurs. Evidemment je n’ai pas d’intérêts dans une vie matérielle. Je prépare mon accession vers l’au-delà, la montée vers le ciel. Me voici sur le quai de la gare, à attendre le train. Voici que mon corps est compressé dans le wagon. Voici qu’au-dessus de la ville s’échappe mon impossible rêve. Le saisir un instant, le suivre jusqu’à sa disparition dans les ténèbres. Utiliser son vol pour s’éloigner de ce monde. Ce monde qui appartient aux rêveurs et où le poète se tient avec le désespoir des oiseaux et l’espoir d’un ailleurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Projet K</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/03/22/projet-k.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Sat, 22 Mar 2008 20:11:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Hors de soi toute la violence du monde, toute la haine rechargée au creux des mains. Hors de soi l’impossible accomplissement du chemin. Hors de ma tête le désespoir&amp;nbsp;! Face contre terre dans l’aliénation du cri. Il y a de multiples choses que la raison ne peut concevoir, il y a des puzzles qui ne se finissent jamais. Hors de ma tête la marée noire, le hurlement des mouettes. L’ouverture du soleil dans la toile plissée du ciel annonce le naufrage des synapses. C’est qu’il y a encore ce mur d’eau. Cette envie de se frapper la tête. Tous les matins du monde se sont donné rendez-vous. L’heure du poème impossible a sonné. Il est temps de partir sur les routes, de traverser la nuit. Hors de moi les étoiles. Mon corps exténué sur la piste. Ma pensée s’enflamme. Trop de choses incompréhensibles. Hors de soi toute la violence du cœur, t’étouffement, la rumeur. Hors de nous les villes. Les bombardements. L’œil est plus affûté que la lame. Le regard déchire la peau. Le rêve comme une pierre de lune à la surface de l’eau. Royaume minéral à la croisée des chemins. Il y aurait bien d’autres choses à dire que le poème. Mais quoi du sentiment&amp;nbsp;? Mais quoi de la possibilité de la vie, de la quête&amp;nbsp;? On m’a dit d’écrire le poème. On m’a dit de réaliser l’expérience. Et quoi de moi&amp;nbsp;? Cette douleur. Vers où&amp;nbsp;? L’impossibilité de la vie au sein des mots. Le non-sens de la rime, celui du poème revient à s’érafler les doigts. Hors de soi le sang sur la pierre comme un hippocampe qui fume un dernier cigare avant de s’enfoncer dans la nuit. Hors de soi la brisure de lame. Le métal réalise sa besogne. La voiture explose. Hors du poème. Ici et ailleurs. Le silence du cri retentissant. La peine. Première page dans les journaux. Premières pensées du matin. Premières gorgées de café. Les gamins dans la bagnole. Les étudiants dans leur train. La statue du Général est sur la place. Les voitures tournent autour. Je n’ai pas besoin de pénicilline. Je n’ai pas la grippe. Je dis qu’il y a quelqu’un dehors au milieu du jardin de la mairie. Je dis que j’attends la pierre qui me ramènera au fond. Je dis hors de moi toute la violence du monde. Hors de moi la guerre. J’ai mal à la jonction de mes neurones. Ca saigne. Je dis que ça saigne dans mes neurones. Je dis que j’attends la dernière ligne parce qu’ici ça s’infiltre dans les mots. Les mots bientôt n’auront plus de place. Je dis qu’il n’y aura bientôt plus de place pour les mots. Je dis qu’il faut effacer le programme parce que le programme est notre propre ennemi. La machine entretient toujours le même programme. Il s’autogénère, s’autoalimente. Il est impossible de trouver une alimentation en dehors de la machine. La machine vit et respire dans mes mots. Mes phrases sont les articulations de la machine. N’allez pas effectuer une mauvaise opération susceptible de perturber et d’effacer le disque dur. Gare aux fils dénudés, aux surtensions&amp;nbsp;! Attendu que je devrais m’éteindre dans pas longtemps. Ceci n’est que la lumière hors de moi. Ce n’est que la respiration de votre ordinateur. L’ordinateur est un réseau connecté à travers le monde. Il vit, respire et s’alimente par ses propres moyens. Ceci n’est qu’un des effets multiples du programme. Hors de soi toute la violence du monde dans les ordinateurs. Je dis qu’il faut aller hors de soi et des ordinateurs. Hors de moi la fin du monde et des ordinateurs. Le programme est voué à sa propre destruction. Le programme a été créé dans les tous premiers temps du monde, il est normal que sa fin soit proche, dans la mesure où le courant sera coupé pendant la nuit, hors du contrôle de la raison, hors des réseaux et des connexions. Hors du monde.&lt;/span&gt; 
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<title>Spleen VI</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/02/11/spleen-vi.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Mon, 11 Feb 2008 17:40:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je crois avoir trouvé ma vocation. Je vais faire figurant dans les séries américaines. Y a un paquet de fric à se faire. Au moins cinquante morts par jour dans les feuilletons, des meurtres, des crimes crapuleux, on en bouffe à gogo. Ben oui, des assassinats, il y en a tous les jours dans les cerveaux des scénaristes. On en devient obèse&amp;nbsp;! Que voulez-vous, c’est comme ça, l’humain c’est pas très joli à voir. Une chose est sûre, on est là et bien là. On se réveille le matin, on est là. On s’endort le soir, le lendemain matin on sera là et re-là. J’ai bien cherché un moyen pour pas être là, je me suis cassé les dents. Il y a toujours moyen de défoncer la porte, mais qui nous dit que derrière on ne sera pas là et re-là&amp;nbsp;? Pour les gens heureux, il n’y a pas de problème, ça coule dans la rivière, m’enfin quand même&amp;nbsp;! Quand ça cogne dans la tête, là quand ça fait mal, t’as l’impression que tu sortiras jamais de ces murs, tu ressasses tes questions dans tous les sens en essayant de trouver une issue. «&amp;nbsp;Passage interdit&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;cul-de-sac&amp;nbsp;», la vache je suis perdu, dans la m… jusqu’au cou. Ca arrive à des gens, ça, tous les jours&amp;nbsp;! Faut pas croire que la vie est un long fleuve tranquille. Crois-moi, j’ai pas la solution. Je sais pas comment on ouvre des portes avec un biberon, comment on fait entrer un éléphant dans une boite d’allumettes ou pourquoi la mer est mouillée même quand il fait chaud en hiver. Il va falloir inventer des systèmes qui n’existent pas encore&amp;nbsp;! Et je vois la longue affluence de ceux qui se sont cassé la gueule, qui n’ont pas trouvé la solution au problème. Trouver la force de surmonter les épreuves. Facile à dire, ça&amp;nbsp;! Encore une idée de gens heureux, de qui n’ont pas le cerveau fêlé comme de la confiture&amp;nbsp;! Parce que moi ça cogne au niveau du sang dans la poitrine, ça s’agite dans tous les sens dans les neurones, c’est le feu d’artifice dans la tête. L’ambulance file à toute allure, j’ai la gueule dans le pâté, je cherche un moyen de ne pas dégueuler à côté de la poche en plastique. SOS à l’au-delà, je rumine comme un veau les questions que je me pose… et si c’était pas ça mais autrement, je ferais bien de me dépêcher à pas trop faire de conneries. La vache, je vais me frapper la tête contre le mur. Je vais bien finir par les défoncer ces murs&amp;nbsp;! J’voudrais bien sortir de là. Une seule chose est sûre, j’suis bien là. J’ai la gueule contre le miroir. Y a des oiseaux qui s’agitent dans tous les sens. Y en a qui se posent sur les fils électriques de mes neurones. Décharge de dix-mille volts dans les dents. Aïe&amp;nbsp;! La question&amp;nbsp;: je m’arrête avant le pont ou je franchis la rivière&amp;nbsp;? C’est mieux ici ou là-bas&amp;nbsp;? De toute façon, j’suis là et bien là. Trouver la force de traîner ce putain de corps, je ne me débarrasserai pas de mes quelques neurones. Facile à dire. Je crois avoir trouvé ma vocation. Je vais faire figurant dans les séries américaines.&lt;/span&gt;
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<title>Spleen V</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/01/14/spleen-v.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Mon, 14 Jan 2008 18:45:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il y a à dire l’inutilité de toute chose. Mais on ne peut pas se flinguer, on ne peut pas prendre ses vessies pour des lanternes. De toutes façons, où voulez-vous aller&amp;nbsp;? On a les pieds bien sur terre, on décolle pas d’une semelle. La société d’hyper-consommation nous ment, elle promet le bonheur en boîte de 500 grammes, elle nous vend du vent en sachet lyophilisé avec bon de réduction, elle envoie au paradis de l’emballage et de la marée noire avec effet rétroactif. Dans les magasins de porcelaine, j’ai la gueule d’un terroriste, cauchemar de la verrerie qui se casse sous les gestes d’un éléphant, embarqué par les CRS, jugé frappadingue et interné en quatrième vitesse. De toutes façons, on ne peut pas se flinguer, t’as signé mec, tu finis ta purée et ton dessert&amp;nbsp;! Il se pourrait que ça vienne assez vite, y a pas à être pressé, juste prêt, ça suffit. Je devrais faire de la philosophie, moi… je finirais agrégé, docteur certifié, etc. Ben, il se peut que la vie n’ait pas trop de sens, donc faut pas trop chercher midi à quatorze heures. C’est bien possible, ma chère madame, les slips à papa ont perdu de leur qualité en cinquante ans et avec le réchauffement climatique les caleçons ont rétréci de moitié. Va falloir faire attention aux poissons et aux baleines&amp;nbsp;! La société d’hyper-consommation nous vend de la dépression en bouteille. Le monde est pourri. Ca donne envie de se flinguer. Bon sang de bonsoir, j’ai pas la zen attitude, j’ai pas d’ambition dans les neurones, je suis pas concurrentiel du ciboulot&amp;nbsp;! Je sais plus où j’ai mis mon CV, où j’ai bien pu mettre mon CV&amp;nbsp;? Sapristi de bonsoir, où j’ai bien foutu mon cartable&amp;nbsp;? Où qu’il est passé mon bulletin de notes&amp;nbsp;? Un et un, deux&amp;nbsp;; deux et deux, quatre. Garde à vous&amp;nbsp;! Au pas, au pas&amp;nbsp;! J’attends la récréation pour fumer mon mégot… Il paraît qu’on peut plus fumer, ça fait mourir du cancer. La mort lente est là, dans l’ombre, elle attend. Pas à pas, le vampire se faufile en vous, il vous ausculte, soupèse votre âme. – As-tu été sage&amp;nbsp;? As-tu bien travaillé&amp;nbsp;? C’est con, la mort, ça vous emmène pour des raisons incompréhensibles, ça vous lâche au milieu du désert ou sur les trottoirs parmi les poubelles. Y a bien rien à y comprendre&amp;nbsp;! Les cours vont reprendre, je suis comme un con sur mon banc à disserter sur l’inutilité de chaque chose. Mais on peut pas se flinguer à dix-sept ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Rage aux dents et blues de Noël</title>
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<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Fri, 21 Dec 2007 17:40:00 +0100</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les Enfants de Don Quichotte se sont installés sur les quais de Seine le 15 décembre, avant d’être délogés par la police. Les médias se sont emparés de l’événement le temps de quelques heures, mais c’est bientôt Noël, la détresse, la saleté, la grisaille ça ne se supporte qu’un temps, c’est un peu la prière un soir de 24 décembre, on y pense et puis à coup d’eau bénite on se lave de ses péchés, et puis c’est les cadeaux, il faut bien vendre, la misère ça casse le moral, ça dépare les rayons, c’est carrément anti-commercial. Il y aurait entre&amp;nbsp;10 000 et 12 000 sans domicile fixe&amp;nbsp;à Paris selon la&amp;nbsp;BAPSA (Brigade d'assistance aux personnes sans-abri).&amp;nbsp;Et les plus miséreux&amp;nbsp;d'entre eux sont là, dans la cage d’escalier, sur le trottoir, à la porte de nos magasins, ils tendent la main. Mais la télévision, cette machine à aseptiser, transforme l’insupportable en feuilleton à trois sous. Combien de jeux dans cette télévision où l’on vient afficher son cul, son QI, sa connerie pour gagner, pour empocher, pour se laver les mains de sa bêtise, cette pornographie institutionnalisée, cette conscience qui se lave à coup de Cacharel et de crème à récurer&amp;nbsp;! Et puis ces ados boutonneux enfermés dans leur château et qui se prennent pour des artistes&amp;nbsp;! Les cons&amp;nbsp;! Excusez-moi mais l’art est ailleurs. L’Art s’est suicidé avec Kurt Cobain, il rit de nous dans le caniveau, sous ses cartons. Il n’en a rien à secouer de nos chansons, de nos gueuletons. Les enfants, passez Noël, passez Pâques, ne vous flinguer pas, tant d’ignorants vivent de leur bêtise, n’ayez pas la faiblesse de vous flinguer pour eux. Il reste toujours la possibilité de devenir clochard. C’est un beau métier aussi, même si ça gagne pas des millions. Cette nuit, un sans-abri est mort de froid place de la Concorde. J’ai le moral à zéro. Y a trop de cons sur terre. Je tiens le coup, je lutte contre ma propre indifférence, contre ma propre bestialité. Je suis homme, j’ai tous les massacres en moi, je suis potentiellement capable de me trancher la gorge. Je suis homme, je lutte contre la connerie et je n’ai aucunement envie de me supprimer. Je sais pas comment ils font pour violer des femmes et les transformer en torches humaines, je sais pas comment on peut massacrer des enfants. Je suppose qu’il y a un espace en soi, le même à l’autre bout de la planète. Je suppose que c’est comme ça qu’on assassine les gens. Les scientifiques ont déjà identifié plus de 270 exo-planètes. Leur passage devant une étoile provoque une diminution de leur intensité, les astronomes sont ainsi capables de déterminer les dimensions de l’objet. Il y a certainement des formes de vie extra-terrestres dans l’Univers. Il y aura forcément des rencontres. 13,7 milliards d’années que l’Univers est là. La vie est apparue sur Terre il y a 3,6 milliards d’années sous forme de bactéries. L’Etre humain est apparu il y a quelques millions d’années. Après plusieurs glaciations, il est entré dans l’&lt;i&gt;Holocène&lt;/i&gt;, l’âge de l’agriculture, du travail de la pierre et des métaux. &lt;span style=&quot;color: black&quot;&gt;La deuxième Guerre mondiale a fait plus de 50 millions de morts.&lt;/span&gt; Au total, entre 5,1 et 5,9 millions de juifs ont été tués pendant la guerre. 2,7 millions ont été exterminés dans les chambres à gaz. Que sommes nous parmi tout cela&amp;nbsp;? Qu’est-ce qu’un clochard dans la rue&amp;nbsp;? Qu’est-ce que la Star Academy&amp;nbsp;? Que sommes-nous dans un Univers grand comme 13,7 x 10&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt; années-lumière&amp;nbsp;? Le monde n’est pas poétique car il est surdimensionné. Le monde n’est pas poétique parce que les hommes y font la guerre. Et il n’est pas poétique parce que les hommes n’y passent que pendant quelques secondes. Allez, quand même, joyeux Noël.&lt;/span&gt;
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<title>La poésie cannibale</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/10/07/la-poesie-cannibale.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Réflexions</category>
<pubDate>Sun, 07 Oct 2007 17:35:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Tout ce qui passe à proximité de l’esprit est susceptible de former le poème. Le poème est un organisme cannibale capable de s’auto dévorer jusqu’à l’absurde. En l’absence de réponses définitives, la morsure devient mortelle, rongeant le corps et l’esprit. Que reste-t-il d’autre à la poésie que ce repas anthropophage où tant de poètes sombrent, se suicident et disparaissent&amp;nbsp;? Ce cannibalisme premier a été formé avec le terreau de la littérature et en constitue le socle. La poésie contemporaine oscille entre deux formes distinctes de la pensée écrite. L’une peut être austère, a priori difficile d’accès ou nécessitant une réflexion intense, une faculté à laisser son esprit être entraîné sur de longs chemins&amp;nbsp;; l’autre s’efforce de prendre pour point de départ le réel en en montrant les questions importantes, les injustices, les tragédies. Il existerait une autre forme de poésie que l’on pourrait dire totale qui engloberait les deux formes primaires, en ouvrant une nouvelle voie et de nouveaux défis. Cela impliquerait que l’on prenne la vie dans sa totalité, dans la multitude de toutes ses formes, nécessitant forcément une prise de conscience préalable, une idée du chemin à parcourir. Il faudrait admettre d’être porté assez longtemps par la vague, le temps d’en mesurer l’étendue, l’importance. Ce travail sur soi serait aussi un travail sur le monde, produit d’une unique écriture. La poésie serait orientée, mesurée, assumée pour son tout et non plus pour une partie de sa substance. On retrouverait en quelque sorte le sujet, la cible, la signification de l’essence et du combat à mener.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La poésie est une forme de pensée bien particulière tenue aujourd’hui par les anonymes et par ses élites, choyée comme un trésor. Chacun essaie d’en mesurer les paramètres, les enjeux. La poésie s’auto alimente, s’auto subventionne. Les médias s’en foutent bien que les poètes existent. Ceux qui ont la parole n’en ont rien à cirer de ceux qui écrivent aussi bizarrement. Même au sein de son entourage, le poète est un être à part, suspect, potentiellement dangereux, défiant les normes et dont la pensée fait peur. Le combat est inégal. Désespéré. Puisque cela est affaire d’écriture, de littérature, quelque chose de lointain, d’inaccessible. Or tous les efforts sont à faire pour qu’elle redevienne accessible, pour qu’elle sorte de son ghetto, de ses laboratoires. Ce combat est double. Interne, car il convient de penser le monde, d’y introduire une dimension critique, sociale. Et externe, car fondamentalement la poésie pour exister a besoin de s’ouvrir au monde, d’aller à la rencontre, de susciter le questionnement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Cette pensée totale ne serait plus exclusivement poétique mais pourrait être reprise par chacun. La poésie serait une sorte de langage commun, universel, compréhensible par tous. Qui sait quelles révolutions pourraient apparaître alors&amp;nbsp;? Puisque la poésie a toujours voulu s’approprier le monde, peser sur lui, d’une façon utopique et désespérée. S’il est encore des êtres assez fous pour oser croire à son pouvoir, alors qu’un anonymat flagrant pèse sur ses acteurs, s’il est encore des utopistes capables de la sauver de sa propre mort alors qu’elle s’essouffle peu à peu, sa folle conquête n’est peut-être pas vaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Face à l’actualité et aux très justifiées inquiétudes, on sait pertinemment que les enjeux pèsent lourdement sur les épaules. Nous en sommes encore aux temps du cannibalisme, de la lutte pour les protéines, pour la matière, pour le feu. Les enjeux sont bien ceux de la survie, des orientations sociales et culturelles. Ces questions sont bien plus importantes que nos revues, nos publications, nos marchés. Faut-il se dire que tout est perdu tant que le monde ne fera pas sa propre analyse, tant que la parole ne sera pas libérée de ceux qui la possèdent honteusement&amp;nbsp;? Faut-il se dire que la lutte est sociale, économique et politique avant d’être une question d’écriture et de diffusion de la littérature&amp;nbsp;? Ce n’est pas la poésie qui est en cause, elle n’est pas destinée à s’auto digérer. Les hommes sont en crise de croissance. Nos sociétés devront faire face à des changements réels qui touchent à leur propre survie. Nos certitudes seront remises en question. Notre façon de vivre, de penser sera bouleversée par les changements à venir. Pauvre petite poésie face aux colosses qui sont les piliers du monde&amp;nbsp;! Penser ne se fera plus exclusivement à la lueur de la lampe&amp;nbsp;! Il faudra bien refaire le monde&amp;nbsp;! Que la poésie soit à l’affût, prête à effectuer son travail de sangsue&amp;nbsp;! Qu’elle guette dans l’ombre une opportunité de sortir de sa tanière&amp;nbsp;! Seules les idées ont un avenir. La véritable révolution est encore une utopie dont chacun attend l’avènement. Quand les puissants, les fous auront enfin compris, dans leur logique pécuniaire et sanglante, quand chacun se sera confronté aux réalités du monde, peut-être regardera-t-on du côté de ceux qui auront annoncé les métamorphoses à venir. Les hommes de bonne volonté seront ceux-là. Nous ne sommes pas condamnés à nous entre dévorer. Nous ne sommes pas condamnés au silence. Tout repose sur quelques atomes, sur quelques connexions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La poésie est petite et fragile. La poésie totale appartient à chacun d’entre nous. Elle est une force incompressible, irrésistible. Une force perdue dans un immense univers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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