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<title>NGC 581 - societe</title>
<description>NGC 581</description>
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<lastBuildDate>Tue, 23 Dec 2008 14:04:37 +0100</lastBuildDate>
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<title>Hassan en sursis</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/10/07/hassan-en-sursis.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Tue, 07 Oct 2008 22:27:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Jeudi matin 2 octobre, l&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;' Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;de Hassan a été annulé par la juge du tribunal administratif de Melun. Hassan comparaissait libre suite à sa remise en liberté samedi 27 septembre par le&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Juge des Libertés et de la Détention&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;. L’audience n’a duré que quelques minutes&amp;nbsp;; les pièces au dossier ont dû peser sur le jugement ainsi que la présence de Jamaa au Tribunal.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;La juge a reconnu une &quot;erreur manifeste d'appréciation de la situation familiale&quot; de la part de la préfecture. En clair, la situation familiale de Hassan est suffisamment établie en France pour qu'un éloignement porte atteinte à sa vie privée et familiale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Cependant, la décision n'a pas été assortie d'une demande à la préfecture d'attribuer une autorisation provisoire de séjour. Hassan&amp;nbsp;n'a pas vocation à quitter le territoire mais n'est pas pour autant en situation régulière ou régularisée...Et la préfecture peut encore faire appel du jugement…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Il s’agit maintenant de préparer un dossier avec l’avocat et&amp;nbsp;de déposer&amp;nbsp;une demande d'autorisation de séjour en bonne et due forme à la préfecture.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Le Gouvernement s'est fixé un objectif de 26 000 reconduites à la frontière en 2008. Pas étonnant qu’un jugement ne dure que 10 minutes. Les titres de séjour ne sont donnés qu’au goutte-à-goutte. Honte à Hortefeux qui aurait fait le même boulot en 2002 si Le Pen était passé&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Hassan libre ?</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/09/29/hassan-libre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Mon, 29 Sep 2008 20:36:49 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Après avoir été transféré au Centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot près de Roissy, Hassan a été libéré samedi soir 27 septembre par le Juge des Libertés et de la Détention de Meaux. Grâce au Collectif qui s’est mobilisé, Hassan dispose d’un peu de répit. Certains parleraient de chance, mais la chance sourit sans doute à ceux qui la provoquent... L'avocate de permanence a plaidé le défaut de maîtrise de la langue française et de la compréhension des procédures et des droits de la part de Hassan. Une banale erreur de date et la procédure a été déclarée irrégulière par le Juge. Il va de soi que la présence dans le dossier d'une pétition signée par 25 professeurs du collège Clémenceau et la présence de la mobilisation à l'audience ont pesé dans la décision. Hassan doit passer jeudi 2 octobre devant le Tribunal Administratif. Il faut que cet avantage se transforme en reconnaissance du droit de la famille de Hassan à vivre en France. L'annulation de l' Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière et la délivrance d'une autorisation de séjour pour Hassan et sa famille doivent être obtenues. Tous les soutiens et les éléments au dossier compteront ce jour-là.&lt;/p&gt; 
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<title>Hassan arrêté !</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/09/26/hassan-arrete.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Fri, 26 Sep 2008 20:51:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Hassan, père de Jamaa, vient d’être arrêté sur son lieu de travail. Ce jeudi 25 septembre une descente de police est intervenue sur le chantier où Hassan travaille comme maçon, à Paris. Certains ont eu le temps de fuir, Hassan non. Ne pouvant produire de document administratif de séjour, il a été conduit au commissariat de Chessy où il a passé la nuit au Local de Rétention Administrative. Hassan vit en France depuis bientôt dix ans, c’est sa quatrième arrestation en deux ans. La première avait duré 18 jours. Sa femme et sa fille sont venues en France début 2005. Sa fille Jamaa, 15 ans, est scolarisée dans un Collège à Paris. Elle est une élève sérieuse et attentive. En 2007, le Maire de Paris lui a même remis un Prix du Mérite lors d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville. La nuit a été rude dans la pièce unique située dans le 18ème arrondissement. Des lettres ont été envoyées au commissariat et à la préfecture du 77 ainsi qu’au Préfet de Seine et Marne. Aujourd’hui, 26 septembre, Hassan a été transféré dans le Centre de Rétention Administrative de Mesnil-Amelot près de Roissy. Le collège de Jamaa s’est mobilisé pour soutenir la famille auprès des autorités.&amp;nbsp; L’incertitude plane quant au devenir de Hassan. Toutes les bonnes volontés se sont mises au travail afin d’obtenir sa libération et de lui permettre, lui et sa famille, de vivre en France en toute légalité. J’avais rédigé une note pour Jamaa, son père et sa mère&amp;nbsp;: &lt;a target=&quot;_self&quot; href=&quot;http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/03/15/chateau-rouge.html&quot;&gt;Un métro plus loin&lt;/a&gt;. Les circonstances malheureuses me font revenir sur le sujet. Souhaitons que tout s’arrange et que Jamaa et ses parents sortent enfin de cette obscurité qui les oppresse depuis si longtemps.&lt;/p&gt; 
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<title>Un métro plus loin</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/03/15/chateau-rouge.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Sat, 15 Mar 2008 13:21:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Le CAC 40 a dépassé les 4700 points. Que voulez-vous faire d’une information pareille&amp;nbsp;? Le CAC 40, c’est la dure réalité de la vie. Ca vous troue le cul. On vous en fait bouffer tous les jours à l’heure des repas. On estime à 2,8 milliards le nombre de personnes survivant avec deux euros par jour. Quant à &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Lakshmi Mittal, sa fortune est évaluée à 28,23 milliards d'euros. C’est bien connu&amp;nbsp;: l’argent ne fait pas le bonheur – mais ça aide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Métro Château rouge, je sors de la rame et monte l’escalier vers la surface glaciale. Odeur de marrons chauds. Bruits de voitures. Temps gris. Il doit faire meilleur de l’autre côté de la Terre, sûrement. Mais Paris, c’est tout petit, on peut à chaque instant y rencontrer un ami, un cousin… J. habite pas très loin. «&amp;nbsp;Habiter&amp;nbsp;» c’est un grand mot, on devrait plutôt dire qu’elle occupe 15 mètres carrés avec ses parents et qu’il faut pousser les meubles pour avoir l’impression d’y vivre. C’est une impression, parce qu’ici c’est tout petit, on est entre quatre murs, Paris est un mythe, une invention pour faire croire aux enfants qu’il existe autre chose que la grisaille et les ordures. Chez J. dans les toilettes il n’y a pas de chasse d’eau, on utilise une bassine, et il arrive d’y rencontrer un rat. Quand on y monte, on peut croiser le vélo du papa quand il n’est pas au travail. Au premier étage, on a l’impression de pénétrer dans une cellule de prison, ou dans une soute étroite d’un navire. Difficile de croire qu’on est à Paris, une des plus belles villes du monde. Il n’y a qu’une fenêtre, le matelas des parents de J. est contre le mur pendant la journée pour donner la place de mettre la table. La vie chez J. est ponctuée par la télé. La maman de J. prend des cours de Français. Le papa travaille sur les chantiers au noir et assure la subsistance et le loyer. Quant à J., elle est en quatrième et travaille plutôt bien. Le papa est venu du Maroc et travaille à Paris depuis 7 ans. Il y a &lt;span&gt;trois&lt;/span&gt; ans, sa fille et son épouse sont venues le rejoindre. J. a dû apprendre le Français et est désormais bilingue. Le tonton de J. lui aussi travaille. Quand elle aura l’âge légal, J. pourra poser une demande de titre de séjour de droit (pour la naturalisation, c’est une perspective à très long terme, si elle intervient un jour…&amp;nbsp;!). En attendant, elle tâche de bien apprendre, ce qui décidera de son avenir. Les parents de J. ont&amp;nbsp;souvent un sourire sur les lèvres. Partager le couscous et boire le thé est un moment de convivialité extraordinaire où les regards, les paroles s’échangent. C’est qu’être ici dépasse les horizons des quatre murs. C’est qu’il y a une telle humanité dans ces rapports amicaux qu’on se demande comment il est possible de survivre malgré la peur et l’enfermement. Quand on observe le papa de J., son regard enchanté, la fierté qu’il doit ressentir pour sa fille, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur et d’admirer cet homme innocent et travailleur. Difficile de demander une régularisation sans risquer d’attirer les foudres d’une dénonciation, sans ouvrir la porte aux assauts de la police. On sait bien que tous les jours, des gens sont arrêtés dans la rue. On sait bien que les reconduites à la frontière&amp;nbsp;sont journalières&amp;nbsp;et que les distinctions entre les individus restent arbitraires. Alors, il s’agit de rester discret. Le Réseau Education Sans Frontières compte sur ses membres et bienfaiteurs pour limiter les expulsions et rendre décentes les conditions de vie de ceux qu’il conviendrait de nommer des «&amp;nbsp;réfugiés&amp;nbsp;». Le danger est permanent et la résistance indispensable. Les quotas grondent. Hortefeux veille à l’ordre&amp;nbsp;! Sarkozy chapeaute les opérations&amp;nbsp;! Comment croire que tous ces gens travaillent pour un développement équitable entre les peuples et les civilisations quand on voit le sort réservé à des familles qui ne demandent qu’à vivre en paix de leur propre travail&amp;nbsp;? Comment croire aux politiques et aux bons sentiments de ceux qui fixent des quotas (25 000 expulsions en 2007) face aux détresses et aux volontés d’intégration qui animent le cœur de ces familles. A des situations particulières se substitue une politique disproportionnée et injuste. Et surtout&amp;nbsp;: comment avoir bonne conscience à effectuer cette besogne immonde&amp;nbsp;? Il y a un an, nous sommes allés visiter avec J. le tout nouveau musée des «&amp;nbsp;Arts premiers&amp;nbsp;» du quai Branly. Je réalisai toute l’importance symbolique de cette visite dans un lieu qui sanctifie les différences entre les civilisations. Nos frontières ne sont pas faites de murs, nos consciences ne sont pas obstruées par les préjugés, la peur des autres et le rejet. Tout l’objet de la notion de Culture consiste à rassembler les Hommes autour de leurs différences, de leurs particularités sociales ou historiques. Et comment peut-on imaginer qu’un jour les parents de J. puissent être expulsés sans autre forme de procès&amp;nbsp;? Comment imaginer que&amp;nbsp;toutes ces années&amp;nbsp;de travail soient anéanties&amp;nbsp;? J. représente une possibilité d’autres rapports entre les civilisations. J. emmène tous les jours son cartable à l’école pour qu’un&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; autre monde soit possible. J. n’est encore qu’une adolescente. Elle aime surfer sur Internet avec ses copines et les garçons ne lui sont pas indifférents. Que voudra-t-elle faire plus tard&amp;nbsp;? Comment imagine-t-elle sa vie dans plusieurs années &lt;span&gt;quand elle aura déjà simplement le droit de rester en France en toute légalité, d’y faire sa vie, avec chaque année le risque d’un non-renouvellement de ce droit à vivre ici&lt;/span&gt; ? Comment se souviendra-t-elle de sa vie dans ses 15 mètres carrés&amp;nbsp;? &lt;span&gt;Que pensera-t-elle de l’accueil qui lui aura été fait à elle ainsi qu’à ses parents&amp;nbsp;?&lt;/span&gt; En attendant J. apprend. J. sait bien où elle est, ce qu’elle a à faire. Quand on ressort de chez J. on a la sensation que le cœur bat plus vite parce que trop longtemps compressé dans la poitrine. On a l’impression de sortir d’un placard à ténèbres. Quand on ressort de chez J. on a l’impression d’avoir fait le tour de la Terre, le tour de l’Histoire, le tour de l’injustice et de la révolte nécessaire. Et on doit se replonger dans le métro. On doit se frayer un passage pour s’engouffrer dans la rame sous les yeux des clochards, allumés comme des braises et qui fulminent contre la connerie des hommes. Château rouge, je reprends le métro pour ailleurs dans les courants d’air et le bruit des essieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Croissants chauds</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2008/02/20/croissants-chauds.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 20:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il fait un temps de rien. J’ai envie de rien foutre.&amp;nbsp;– Au boulot&amp;nbsp;! debout&amp;nbsp;! Va participer à la croissance&amp;nbsp;! – La vache, je suis vachement soucieux de participer à la croissance de mon pays&amp;nbsp;! Je suis&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; un gars vachement patriote. J’suis carrément prêt à aller faire la guerre pour la croissance. Tiens, c’est marrant, l’idée s’est subrepticement logée dans mon crâne mou, j’ai dû l’entendre à la télé, j’sais pas. Quelqu’un a dû en douce manipuler mon cerveau. J’ai des idées de pièces rondes et de gros billets pour vacances aux Seychelles. Quentin est le nouveau vainqueur de la Star Academy… j’fais c’que j’peux, j’m’informe&amp;nbsp;! Je m’tiens au courant de l’actualité dans mon pays. Je suis quand même pas une bête. J’attends le premier disque de l’artiste pour découvrir son univers. Putain, je suis vraiment que dalle. On est que dalle face au vainqueur de la Star Academy. La croissance de la connerie est exponentielle, elle fluctue avec les cordons de la Bourse. – Debout pour la croissance de ton pays&amp;nbsp;! – T’as raison, j’suis vraiment un gros fainéant. J’ai de la gélatine à la place du cerveau. Je voudrais bien me payer une grosse Ferrari pour être enfin heureux, pour profiter du bonheur les doigts de pieds en éventail. Me payer toutes ces choses qu’on voit à la télé. M’acheter la belle vie, quoi&amp;nbsp;! Mais je vis dans le béton et dans la noirceur de la ville. Je suis un rat dans le piège du matérialisme. J’ai attrapé le virus de la consommation. J’ai des idées de routine, de bagnole tous les matins, de pompes à essence. J’ai des horaires creuses gravées dans le ciboulot, de cantine, de poses-restaurant. Faut que j’me paie ma télé, ma console, un nouveau lave-vaisselle, un nouveau portable, un nouveau sac à main, les prochains cadeaux de Noël. Les impôts, les factures. J’ai un plan retraite, des actions chez Bouygues. Je travaille 35 heures par semaine. Pendant les vacances, je vais traîner mon cul sur les serviettes de l’Atlantique avec bungalows sur la plage. Je paie le restaurant, l’hôtel. Dans ma vie, je ne vois jamais le soleil. Je vois les promesses de l’aube sur les affiches quand je suis en retard au boulot. Mais je fais partie du monde. De sa complexité, de sa beauté et de son horreur. Je vous tend la main sur le trottoir. Je vous adresse un regard désolé. – Pour vivre, messieurs. Je ne demande pas l’aumône, j’ai trois enfants. Dans les jardins de la ville, il y a des marmots qui jouent. Bateaux accrochés à une ficelle. Cerfs-volants. Eternité des spectacles. Aube. Il y a des ruelles sombres. Des avenues. La croissance est en marche. Chacun veut sa part de bonheur, son coin de serviette. C’est pourtant pas compliqué, la vie&amp;nbsp;! Le cravaté court à la croissance. Le vendeur de marrons aussi. La vendeuse de fringues aussi. Chacun a la conscience de son horizon mental et quotidien. Mais on ne vit pas pour soi. On ne vit pas de soi. Nous sommes dans la continuité de chaque être, nous sommes une partie de l’histoire. Des individus anonymes perdus dans l’immense foule journalière. Mais la nuit, tout s’en va. La nuit, les ombres prennent possession de notre histoire, de nos corps, de nos vies. La nuit, nos certitudes disparaissent. Il n’y a plus qu’une silhouette fuyante. Il n’y a plus qu’une lumière invisible. On a envie de rien foutre. De ne plus jamais se lever. De ne plus jamais entendre parler de la Star Academy, de la croissance et du patriotisme. On peut passer pour un fainéant ou un monstre. On peut aussi s’endormir avec le regard froid fixé sur un bout du néant de l’autre côté de la rue.&lt;/span&gt;
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<title>Face à l'horreur</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/11/07/face-a-l-horreur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Wed, 07 Nov 2007 16:55:00 +0100</pubDate>
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Quand j’étais petit, je n’imaginais pas que le monde était aussi cruel. Parce qu’autour de moi les obus de tank ne passaient pas, les maisons des voisins ne brûlaient pas. Alors, je ne sais pas trop ce que pensent les enfants au Darfour. Ils doivent penser qu’ils sont tombés en enfer, qu’ils se sont trompés de planète. Aujourd’hui j'écoute les récits des massacres, je regarde les morceaux de corps par terre. Je suis désarmé face à l’horreur sans nom, face aux tortures. Je suppose que c’est ici que s’arrête la littérature, tout comme elle s’est arrêtée à Auschwitz. Je suppose que les mots ne peuvent pas venir pour qualifier une telle ignominie. 2 millions de morts au Soudan depuis 17 ans, plus de 300 000 au Darfour… Mon clavier écrit à l’encre blanche. La révolte se cogne aux murs. Et que dire des dizaines de milliers de civils morts en Irak ? Ca s’arrête quand l’horreur ? Y a-t-il une fin aux atrocités ? Permettez-moi de dire qu’aujourd’hui je n’ai rien écrit, que je n’avais pas les mots qui de toute façon auraient été dérisoires.
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<title>De l'essence à la famine</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/10/31/de-l-essence-a-la-famine.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 14:45:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Je vous invite à découvrir l’entretien avec Jean Ziegler (rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation) concernant les biocarburants, dans un article de&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Olivier Nouaillas,&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;intitulé &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Les biocarburants mènent à la famine&lt;/i&gt;&amp;nbsp;», publié dans La Vie du 25 octobre.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les siècles à venir se retourneront sur notre époque et certainement ne seront pas tendres. Nous qui avons inventé les plus horribles tortures, qui avons perpétré les plus ignobles massacres et conduit les guerres depuis la nuit des temps, sommes menacés par de nouveaux dangers affectant les forêts, les océans, le climat de la Terre… Quels que soient les impacts à venir, ce seront encore une fois les plus pauvres, les plus fragiles, les femmes et les enfants qui subiront les conséquences de nos actes…&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;C’est ce qui se dessine aujourd’hui. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim et 854 millions d’êtres humains sont en état de malnutrition.&amp;nbsp;Demain, avec les biocarburants, ce sera encore pire&lt;/i&gt; » déclare Jean Ziegler. En effet, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;cette année le prix du blé a doublé dans le ­monde, au Mexique, le prix du maïs, un aliment de base pour la nourriture, a qua­druplé.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;» Ce qui n’est pas cultivé pour la nourriture mais pour faire rouler des bagnoles a une conséquence tragique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Au Brésil, si vous faites le plein d’une voiture moyenne qui roule au bio­éthanol, les 50 litres que vous allez utiliser correspondent à 232 kilos de maïs, soit la nourriture de base d’un enfant zambien ou mexicain pour une année&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» Ainsi Fabrice Nicolino écrit-il dans «&amp;nbsp;La faim, la bagnole, le blé et nous&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;«&lt;/span&gt;&amp;nbsp;De l’Indonésie au Brésil en passant par le Cameroun, ces nouvelles cultures de canne à sucre, de soja ou encore de maïs sont en train d’accélérer à la fois la déforestation et de faire exploser le prix des produits alimentaires de base.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal&quot;&gt;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;Les enjeux dépassent de loin le cadre national du Grenelle de l’environnement. Dans un autre article de La Vie, intitulé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;L’éthanol fait tousser le Brésil,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;un accord entre Bush et la président brésilien Lula passé en mars 2007 est dénoncé comme «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;potentiellement désastreux&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;26 millions d’hectares de terres vivrières [seront] sacrifiés à la canne à sucre au Brésil pour produire du biocarburant.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;» Afin de réduire la dépendance des Etats-Unis vis à vis des pays pétroliers, Bush entend exploiter les sols de la région pour faire rouler ses voitures, tout en ayant des visées sur d’autres pays latino-américains.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;&lt;i&gt;L'éthanol ne menace pas l'environnement&lt;/i&gt;&quot; affirmait en mars le Président brésilien. L’article de La Vie donne une toute autre opinion. Entreprises dans une zone où la forêt est en grave danger, rongée jour après jour loin des yeux du monde, ces nouvelles cultures causent incendies et pollution supplémentaires, représentent un vecteur de pauvreté&amp;nbsp;et une menace sur l’alimentation, alors que 2,7 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de deux dollars par jour.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Voilà où nous en sommes. Ainsi se livre le grignotage continu des ressources naturelles. Un exemple parmi cent qui prépare pour nos enfants un monde dont nous ne mesurons pas encore assez les blessures. Quand il n’y aura plus de pétrole, nous pourrons toujours consumer les restes de la forêt amazonienne, quand il n’y aura plus assez de maïs et de canne à sucre, nous pourrons toujours nous dévorer entre nous, ou bien nous faire une nouvelle guerre pour inverser le taux de croissance de la population. La connerie humaine est visible. Personne ne peut fermer les yeux. D’une manière ou d’une autre, nous serons amenés à de multiples changements. Où va donc l’homme bon de Rousseau&amp;nbsp;? Ce qui m’inquiète au-delà de sa disparition, c’est bien celle des plus pauvres, des plus fragiles, des femmes et des enfants.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;*****&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: windowtext; font-family: Verdana&quot;&gt;L'Amazonie brûle et l'Amérique du Sud étouffe&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: windowtext; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;i&gt;(Extraits d’un article de Daniel Howden et Jules Steven&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;pourinfo1&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: windowtext; font-family: Verdana&quot;&gt;publié le 5 octobre 2007 dans The Independent ) :&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;«&amp;nbsp;De vastes étendues du Brésil et du Paraguay, ainsi qu’une grande partie de la Bolivie, étouffent sous des couches épaisses de fumée tandis qu’un feu échappant à tout contrôle fait rage dans la forêt tropicale d’Amazonie, obligeant à l’annulation de vols.&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les images des satellites ont montré, hier, d'énormes nuages de fumée et une grande partie du bassin de l'Amazonie qui brûle, alors que des feux, allumés à l'origine par les éleveurs pour dégager des terrains, faisaient rage à l'intérieur même de la forêt.(…)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Roberto Smeraldi, à la tête des Amis de la Terre au Brésil, a déclaré que la situation échappait à tout contrôle : &quot;Nous avons une forte concentration de feux, correspondant à 10.000 départs de feu sur une vaste étendue d'environ deux millions de km², dans le sud de l'Amazonie brésilienne et en Bolivie&quot;.(…)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;M. Smeraldi a été très clair sur la responsabilité des incendies de cette année : &quot;C'est essentiellement, je dirais à plus de 90%, le résultat de l'expansion de l'élevage de bovins&quot;.(…)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;Ces feux reflètent le côté suicidaire de l'homme&quot;, a déclaré Hylton Murray Philipson, de l'œuvre caritative basée à Londres, Rainforest Concern. (…)&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Le Brésil et l'Indonésie n'apparaissent pas sur les indices industriels conventionnels des principaux pollueurs mondiaux, mais ces deux pays font partie des quatre plus gros émetteurs de CO2 lorsque l'on prend en compte la déforestation.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;»&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>A l'heure du crépuscule à Madagascar</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/10/26/a-l-heure-du-crepuscule-a-madagascar.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Fri, 26 Oct 2007 19:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;em&gt;&quot;Pour le Père Pedro, l'aventure commence en 1989. De retour des rizières du Sud où il fut missionnaire une douzaine d'années, le prêtre découvre un jour, au-dessus de Tana, une multitude de miséreux pieds nus au milieu des rats. Enfants et adultes ne vivent pas seulement sur, mais &quot;par&quot; les ordures. Dormant parfois dans des tunnels creusés sous les immondices, ils sont des milliers, armés de crochets, à s'échiner du matin au soir pour récupérer les miettes d'une société de sous-consommation. La confrontation brutale avec ce &quot;peuple de la décharge&quot; agit sur Pedro comme une nouvelle révélation. Il va consacrer sa vie à sauver ces damnés.&quot; LE MONDE, 20.06.05.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-style: normal; font-family: Verdana&quot;&gt;Et pendant ce temps les supermarchés n’ont jamais été aussi pleins. Vu l’autre soir à la télé aux infos les enfants en haillons qui fouillent les décharges&amp;nbsp;; avant le compte rendu du rugby, la pub, la soirée disco. Ca pèse pas lourd. Et on est là à gueuler sur les retraites, sur le pouvoir d’achat. Oui, des pauvres il y en a ici aussi. Même avec un BTS en informatique on pointe au chômage.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;&lt;em&gt;Mais tout le système, fondé sur la sélection, vise à exclure, à tous les niveaux, afin de ne conserver que les &quot;meilleurs&quot; selon le goût du jour&lt;/em&gt;.&quot; Georges Rose dans &lt;i&gt;Noir de lumière (Editions Henry)&lt;/i&gt;. On ne se figure pas assez qu’une vie ne vaut rien face à la Bourse, aux marchés, aux multinationales. On peut construire des temples, des hôtels, des usines en plein désert, pourvu qu’il y ait de l’argent, des intérêts en jeu. Madagascar déborde de richesses et de ressources naturelles, mais elle n’a pas d’argent. Il s’agit de vivre avec quelques dollars par jour arrachés au prix d’un travail pénible. Les enfants manquent de moyens à l'école, de vêtements, de bicyclettes, de soins médicaux, de nourriture… On ne sait même plus ici la valeur de l’eau potable, de manger à sa faim, d’avoir des loisirs. Là-bas, un jean même usé est un trésor, un livre est un trésor, un objet utile peut changer toute une vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;On se demande au nom de quoi les riches veulent toujours être encore plus riches et pourquoi les pauvres sont toujours laissés sur le carreau, loin des regards. On se demande ce qui justifie autant d’écarts, on peut regarder les rayons des supermarchés pour constater que rien ne tourne rond.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Nous poètes, quelle est la véritable valeur de notre discours&amp;nbsp;? Il est toujours plein d’enseignements de se demander quelle place on occupe dans le monde, ce qu’il est possible de faire soi-même à son niveau. Qu’y a-t-il donc d’important dans le fait d’écrire&amp;nbsp;? Est-ce qu’écrire ses sentiments, sa vie, raconter une expérience est si important&amp;nbsp;? Pour soi, oui certainement. Pour pouvoir échanger, discuter, partager aussi. Et pourquoi pas vouloir aussi peser sur ce monde à travers ce moyen qu’est l’écriture, se dire que cela en vaut bien un autre&amp;nbsp;? La poésie n’aurait d’intérêt que dans les échanges qu’elle suscite et cela suffirait à la justifier amplement. Tout cela est-il si éloigné de Madagascar&amp;nbsp;? La poésie ne prend-elle pas pour sujet le monde et donc aussi Madagascar&amp;nbsp;? Comment mesurer la valeur d’un discours&amp;nbsp;?&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Que demandent d’autre nos poèmes sinon le fait d’être lus&amp;nbsp;? Et donc a qui appartient la parole&amp;nbsp;? N’appartient-elle pas aux riches, aux puissants, à celui qui de tout temps a possédé le feu&amp;nbsp;! N’avons-nous pas pour devoir d’être des «&amp;nbsp;voleurs de feu&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Prière&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Seigneur, donne-moi ma ration quotidienne de bonbons Haribo. Sans eux je suis malheureux. Sans eux mon cœur éclate et mes boyaux se dispersent dans la rue. Mes neurones explosent. Mes yeux se transforment en glaçons. Seigneur, tranche-moi le cerveau à coups de hache&amp;nbsp;! Taillade-moi les poignets, je ne suis pas un simple consommateur, je suis condamné a être plus que moi-même. Je ne suis pas un simple locataire. Je n’ai pas la valeur de mon relevé de compte&amp;nbsp;! J’avoue avoir écrit quelques poèmes. J’avoue avoir gueuler bien fort pour affirmer mes idées. J’avoue avoir voulu rétamer la gueule à un copain pendant la récréation. Mais vois… j’ai la même peau usée, le crâne dégarni et le ventre rond. Je ne fais qu’habiter mon lopin de terre. Sans gloire, sans illusions. J’ai en moi toute la réalité de l’Holocauste. Je suis coupable et prêt à recevoir ton châtiment. Madagascar c’est loin, mais ça me concerne aussi un peu. J’ai les mêmes atomes, les mêmes gènes. L’océan est une goutte d’eau. Bientôt nos navires sombreront au fond de l’Atlantique, les forêts seront parties en fumée et le ciel pleurera des larmes de cendre. J’épouse l’horizon de Madagascar comme la finitude de ce que je peux offrir de mieux. Corps, Esprit, j’ai bien mérité ton châtiment. Je ne suis qu’un bout de la pauvreté à Madagascar.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;*****&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Vu à la télé hier soir le début de la Star Academy. J’ai pas fini de vous en reparler. 17 lobotomisés se sont enfermés dans un château. Ce n’est pas encore l’heure de la révolution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Ca casse pas des briques</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/10/16/ca-casse-pas-des-briques.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Tue, 16 Oct 2007 18:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Ca vire sec dans &lt;i&gt;Popstars&lt;/i&gt; actuellement. Entre les faux pas, les oublis, les canards, le jury ne sait plus où donner de la tête. Dimanche, Madame de Fontenay est passée chez Drucker (attention, ses coups de gueule c’est quelque chose). Vue aussi, Nana Mouskouri avec les mêmes lunettes qu’avant, c’est dingue, je vieillis moi. Lundi, &lt;i&gt;Roue de la fortune&lt;/i&gt;, je sais pas trop où ils vont chercher leurs candidats, mais bon, ils leur font pas passer des tests de QI… remarque, entre Victoria Silvstedt, le cabot et Dechavanne la concurrence est rude. Quoique Dechavanne ait tendance à se foutre de la gueule des candidats, et ça bravo, chapeau&amp;nbsp;! Alors, si vous en avez pas trop marre des jeux à la con, des séries débiles et des clips à la noix… y a pire&amp;nbsp;! Le mur&amp;nbsp;! Remake de la préhistoire, ce jeu présenté par Castaldi (cet autre énergumène du &lt;i&gt;Secret Story&lt;/i&gt; entre autre) consiste à présenter un bonhomme face à un mur de cent personnes. Des murs, y en a eu beaucoup… le mur de Berlin, la grande muraille de Chine, le mur des Lamentations, le mur de l’Atlantique… On pourrait même dire que notre vie entière est entourée de murs. Mais quand un mur est constitué de cent personnes, ça&amp;nbsp;! En fait, le jeu consiste la plupart du temps à sauter sur sa chaise et à taper des poings sur le décor avec tout plein de néons qui clignotent, et à répondre à des questions débiles en claquant des dents et en ayant l’air le plus con possible. Alors, si y a une pierre du mur qu’est bancale, genre qui a pas le bon ADN, la lumière se met au rouge et le gars disparaît dans la pénombre de la préhistoire. Les participants doivent avoir cinq ans d’âge mental, mais on en demande pas plus pour passer à la télévision. Y a que Castaldi qui change pas de costume, les autres apportent leur reste de cerveau disponible. Bref. Aujourd’hui, à la télé toujours, la séance de l’Assemblée nationale est passée en direct sur trois chaînes à la fois, France 3, LCP et I télé. Un truc vachement sérieux qui intéresse tous les téléspectateurs. Il s’agit de laisser tomber sa console vidéo, son Renard sur France 2 ou son feuilleton sur M6 et de laisser son cerveau encore disponible attentif aux questions importantes de notre temps, amen. Ensuite, quand on nous a bien bourré le crâne, on re-disparaît, on replonge dans le quotidien morose et dans la vie sans but et sans avenir, terrible. Y a quand même une similitude entre &lt;i&gt;Un contre 100&lt;/i&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;et l’Assemblée nationale, c’est que là aussi on s’agite sur son fauteuil et on tape des poings sur le pupitre&amp;nbsp;! C’est du sérieux, ça disserte dur sur l’économie, l’environnement, le nucléaire… Et quand la ministre Lagarde fait entendre sa voix, alors là, respect… j’ai pas compris un traître mot, mais c’est pas grave, elle a raison et je suis bien d’accord avec elle. Je me dis que mon cerveau disponible a bien assez travaillé pour aujourd’hui, je n’ai plus qu’à attendre un re-Dechavanne ou un re-Ardisson ou un re-Popstars. J’ai trouvé un sens à ma vie, je vais pouvoir me replonger dans ma console vidéo. Vive le monde moderne !&lt;/span&gt;
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<title>God cries in America</title>
<link>http://ngc581.hautetfort.com/archive/2007/10/09/god-cries-in-america.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Société</category>
<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 21:05:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Il se pourrait bien qu’un matin, on se réveille avec l’annonce d’une explosion atomique quelque part dans le monde. Ce ne serait plus un film, la vidéo passerait en boucle à la télévision. On aurait plus qu’à se dire&amp;nbsp;: l’Humanité a encore engendré une nouvelle catastrophe... et on aurait plus qu’à se jeter dans le vide en criant&amp;nbsp;: j’en ai plus rien à foutre&amp;nbsp;! Hier soir, Arte diffusait «&amp;nbsp;Un taxi pour l’enfer&amp;nbsp;», un reportage dénonçant les tortures perpétrées par des militaires américains sur de présumés terroristes. Aujourd’hui, j’étais plutôt fatigué &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;d’écouter les conversations où l’on essayait plus ou moins de m’impliquer. J’avais la tête ailleurs, pas trop envie de discuter de choses et d’autres. Je méditais plutôt sur ce que l’homme est capable de faire à son prochain. A voir ce Président américain, Bush, justifier les mauvais traitements et déclarer que les conventions de Genève concernant le traitement des prisonniers sont «&amp;nbsp;vagues&amp;nbsp;» j’ai donc plutôt eu envie de vomir. Le 11 septembre aurait justifié de retourner contre les «&amp;nbsp;barbares&amp;nbsp;» l’usage de la barbarie, position impossible à tenir, et pourtant beaucoup d’américains y croiraient&amp;nbsp;! Je me dis vraiment que le monde ne tourne pas rond et que se battre pour lui est décidément affaire d’utopistes, de pas grand chose en définitive. Que dire après le coup que constitue ce reportage&amp;nbsp;? Difficile ensuite de changer de chaîne, de tomber sur TF1 pour un de ses énièmes jeux&amp;nbsp;! Difficile de parler de poésie, de ses publications, de ses recueils. Difficile de croire que tous ces écrits aient une quelconque importance et de trouver une justification au fait même de l’écriture. La poésie est un combat, c’est tout ce qui peut encore à mes yeux la sauver de son apocalypse. Poètes, le Président Bush vous rit au nez&amp;nbsp;! Soyez bien conscients qu’il n’a rien à faire de votre écriture, comme il n’a que faire des journaux et des reportages qui l’accusent de façon justifiée. Le Président Bush lutte pour la démocratie et pour l’impérialisme de la liberté. Ne le faites pas rire avec vos poèmes, vous pourriez malencontreusement provoquer un jet involontaire de bombe atomique&amp;nbsp;! Croyez bien que l’Iran ne rigole pas avec la bombe atomique&amp;nbsp;! Croyez bien que nos revues sont que dalle face à l’impérialisme de la connerie humaine dont le Président Bush est un des plus fidèles représentants&amp;nbsp;! Croyez bien que je vomis face aux tortures des militaires, de la CIA et de Ben Laden&amp;nbsp;! Je ne me suis pas trompé de combat. J’écris encore contre la connerie, contre les cons et pour la démocratie. Je suis ami de la liberté et j’emmerde le Président Bush comme j’emmerde Ben Laden. J’emmerde les croisades, je ne suis pas en croisade. Les chiens me font vomir. La nudité me fait vomir. Tout comme les privations de sommeil et les décharges électriques. Je suis humain. Je ne suis pas Bush ni Ben Laden. Je suis humain. Face à la connerie humaine, je ne me tranche pas la gorge volontairement. J’accuse. J’écris. Je dégueule. Il se peut qu’un matin, on se réveille avec l’annonce d’une explosion atomique quelque part dans le monde. A part ça, en ce moment c’est le Grenelle de l’environnement. Et y a Un contre cent sur la Une à dix huit heures avec Castaldi à la télévision.&lt;/span&gt;
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