09.08.2008
"Magie noire"
Extraits :
Mais tu erres. Comment pourrais-tu faire autrement ? Ne regarde pas ce miroir. N’ouvre pas ces ailes. Nous retournons au port. Plutôt se laisser porter par ces rêves. Oublie-moi. Tu m’oublieras. Tu m’as déjà oublié.
(...)
L’ancienne demeure est désormais vide derrière ces volets au travers desquels ne passe aucune lueur. Souviens-toi, le cerisier disait adieu en agitant ses feuilles au bord de ta fenêtre. Le vide s’est emparé de toi, le saisissant, l’angoissant vide. Ce lit est devenu ton tombeau.
(…)
Assieds-toi sur ce rocher tant que tu le peux encore et que vienne le soir aux horloges de la nuit ! Attends que tes funestes songes naissent du coquillage accroché à un fil et qui tombe du ciel, et que les vagues viennent parfois toucher. ‑ Ce point du monde.
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Les éditions associatives Clapàs ont eu l’amabilité de publier mon recueil « Magie noire ». Je vends mes exemplaires volontairement au-dessous du prix éditeur afin d’aller vers les bourses les plus faibles. Vous pouvez donc effectuer votre commande pour un montant de 12 euros ( plus frais de port). Merci de prendre contact avec moi par courriel, je vous indiquerai mon adresse.
Les frais postaux à ajouter sont : 1,33 euro pour la France. 1,50 euro pour l’Union européenne et la Suisse. 2,30 euro pour le reste du monde.
Paiement par chèque bancaire libellé à l'ordre de Daniel Brochard.
Contact : BROCHARDDA@cc-parthenay.fr
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« Magie noire », c’est notre part d’inconscient qui s’exprime, prenant le pas sur la réalité au point de devenir notre propre réel. Difficile de se connaître soi, son histoire, ses propres chemins. Mais toute thérapie, toute analyse de soi-même vise à cet effort, à cette révolution. Car connaître ce qui nous gouverne, ce qui nous meut, c’est assurément avoir un pouvoir sur notre existence. On ne change sa vie qu’en conscience des mouvements contradictoires qui nous agitent. L’écriture participe de ce prodige. Rien ne se guérit, rien ne se crée sans cette connaissance froide ! L’homme est ainsi, tiré par des ficelles, possédé par ses démons qui sont universels ! La part de raison en ce monde est infime ! Il faut connaître les délires, les coups de sang, de folie. C’est pourquoi l’immersion en soi s’accompagne d’un mouvement de magie noire. Nos démons s’entredéchirent, règlent leurs comptes. A terme, la magie opère. L’effet de poison et la possession cessent. La conscience de l’envoûtement se fait. La fenêtre s’ouvre sur la noirceur du temps. L’horizon ouvert par la poésie s’apparente à un renouveau de soi. La poésie est une magie noire. L’effet du temps, les combats sont perpétuellement ancrés en nous. La magie continue dans le silence des ténèbres.
« Magie noire suivi de L’air de rien », éditions associatives Clapàs, 46 pages ; 12 euros.
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24.05.2008
"Le rappel des titres", Alain Helissen
Dans ce recueil, Alain Helissen se lance à sa façon dans « Le rappel des titres » en martelant un « vous » comme une incantation. Helissen fait de nous les sujets et les spectateurs d’une alchimie traitée comme un collage. La force du recueil tient notamment par le travail effectué sur les mots, avec l’exigence du sens, du message sous-entendu, mais aussi dans la dénonciation de nos travers : la gestion de l’actualité met bien souvent en lumière nos obscurcissements, nos limites. « J’ai renvoyé toutes mes idées reçues à leurs expéditeurs » : le Je qui revient dans les textes en italiques contraste avec le Vous des autres poèmes et renvoie à l’identité même du poète en tant qu’auteur et personnage social. Ce visage est bien trop souvent invisible et passe inaperçu dans le flux des images et de l’information : « Et votre image là / en pleine lucarne / d’un geste sec / vous la zapper / comme un autre vous-même ». Le poète est bien témoin anonyme de tous ces silences et de ces manques, et à lui de crier : « Vous / cherchez à me faire / taire quand j’énonce / avec force mon indignation / mon état de révolte permanente ». Cette parole fragile s’oppose à la massive présence d’un discours officiel et conventionné qui la plupart du temps ne fait qu’effleurer le réel ; le poète lui se permet « quelques écarts de langage / avant / dis / s / o / l / u / t / i / o / n ». Le vous est accusé d’inventer « un monde contrefait / aux motifs caricatu / raux » quand le poète dénonce : « vous / suivez depuis long / temps un régime médiatique / qui vous a dé / lesté déjà de vingt ki / los bien pesés d’o / pinions personnelles ». Nombre des poèmes d’Alain Helissen sont de facture dadaïste comme ces vers encadrés : « PRIX TTC / LA PROMOTION DE LA / SEMAINE ». Mais il ne s’agit pas tant de casser que de marteler un message, de réaffirmer la présence de l’Art et de la poésie au sein de la parole. Et l’Art ne serait-il pas l’ersatz par lequel le créateur entend peser sur le monde ? « Les fleurs peintes ne sentent pas aussi bon que celles du jardin / (…)/ l’avantage c’est qu’il n’y a pas besoin d’les arroser », confie l’auteur. Si Alain Helissen évoque les travers de l’information – ceux de notre horizon imaginaire en fin de compte – il sait aussi les dissolutions de la parole et les doutes inhérents à celui qui écrit : « vous marchez nu / sur des débris de vers cassés ». Et lui de remarquer « vos retards de croissance / votre manque d’assurance / vos déboires de créance »… On pense encore à Dada dans ces vers : « N’en jetez plus / Tirez la chasse / (…) / gagnez du temps / écrivez FIN / et / dis / pa / rais / sez ». ou encore « Prolétaires de tous les pays / Connectez-vous ! » Alain Helissen s’avance avec beaucoup de lucidité dans l’univers médiatique mais aussi dans celui du quotidien et n’oublie pas aussi d’interpeller le poète, lui qui dispose d’une arme : celle du langage. « Le rappel des titres » dresse un tableau critique de notre rapport au monde. L'auteur s’adresse à nous par l’écran interposé du livre, décline une actualité différente remaniée dans le prisme du langage. Il nous ramène au rôle particulier de chacun ici-bas. Ce travail sur la langue et sur le sens donne envie de lire davantage de cette poésie vue et pensée par Alain Helissen.
Alain Helissen, Le rappel des titres, éditions Les Deux-Siciles (8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière), 10 €.
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Extrait
Extrait de Le rappel des titres de Alain Helissen :
VOUS
jetez
l’encre
nagez vaillant
jusqu’au quai
ce que c’est
d’écrire encore
quand le siècle infecté
se gratte de ses démangeaisons et que
connecté
VOUS
débouchez
sur les écrans qui vous guident au cœur de tous les
savoirs déposés
VOUS
communiquez
en ligne directe
avec
l’internéternel !
(Poème reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur)
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