19.07.2008

Vacances !

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Les doigts de pied en éventail, peinard ! Ah ! les vacances ! Se décontracter le ciboulot en sirotant un diabolo menthe. Avoir l'esprit au niveau des mouettes qui font des zigzags au-dessus de la crasse des hommes. Se vider la tête sous un parasol en bouffant des beignets abricot. "Chauds chauds les beignets ! " Allez faut rentrer, la douche et au lit ! T'as même pas le droit de te taper un mille bornes. Non, mais dis donc, tu vas obéir, oui ! Sale gamin ! Ca fout rien à l'école et ça voudrait commander à dix ans ! Non mais, sans blague ! Bref, vive les vacances et les autoroutes embouteillées, la tente qui prend l'eau et la grand-mère qui rote en pétant dans le duvet, les pique-niques tupperware, les pâtés de sable et la crème coco ! Allez ! tous à la flotte. Et que j't'arrose, et que j'te fous des coups de rame et que j'te balance des algues à la figure ! La vache ! les vacances, c'est carrément génial ! Dire qu'il va falloir repartir au boulot, se taper l'autoroute en sens inverse pour se noyer la tête sous les néons au vingt-quatrième étage un peu plus près de toi mon dieu ! Et pis bref, zut ! et rezut ! je me retape un beignet coca light. Les vacances, c'est carrément disco, new age, over top. C'est comme sur les cartes postales. Dis, va falloir en envoyer une à grand-père...

16.04.2008

Epilogue

Lundi soir sur Arte le film Shooting dogs. L’ONU estime que le génocide rwandais contre les Tutsi a fait plus de 800 000 morts entre avril et juillet 1994. Ce fait monstrueux et le suicide de Kurt Cobain le 5 avril 1994 se sont passés alors que j’étais interné en hôpital psychiatrique. Le film, basé sur des faits réels, montre comment des centaines de réfugiés Tutsi ont été exterminés par les Hutu après que les forces armées de l’ONU se soient retirées de l’école qui offrait à des milliers de personnes une sécurité relative. En droit, on appelle cela non assistance à personne en danger, en politique internationale on appelle cela un mandat. Au même moment, on inventait le « droit d’ingérence », une notion floue qui n’a pas permis d’éviter le massacre. Bien des années auparavant, les survivants d’une boucherie effroyable avaient lancé cette parole raisonnable : « Plus jamais ça. » Il faut croire que l’Histoire se répète et que nous ne sommes que des pions sur un échiquier hypocrite qui s’achète une bonne conscience quand les tueries se déroulent ailleurs. Cette nuit de mars 1994, j’étais enfermé dans une chambre close, le matelas par terre. Mais ce n’était pas moi qui étais enfermé ; c'était l’humanité toute entière qui sombrait dans la folie des hommes, c’était le génocide même qui se préparait entre ces quatre murs. Dans le couloir, il y avait des cris. Mais ce n’était pas ceux d’un homme, c’était les cris désespérés de ceux qui fuyaient les machettes. C'était les sanglots, les hurlements des femmes violées et assassinées. Sous les yeux impuissants des bien-portants, ignoré par tant de malades, le génocide. Il y a des événements avec lesquels on doit régler certains comptes. Et l’écriture est une façon de tirer les bilans d’une histoire. Les conflits, les guerres, les incompréhensions entre les individus et les peuples sont des éléments universels présents insidieusement en nous. L’homme est capable de choses monstrueuses. Je ne suis pas comme le père Christopher qui face à l’ennemi ne ressent que de l’Amour. Mais je sais tout le prix de cet amour, pour l’avoir trop souvent mis à l’épreuve. Alors, les yeux face à la lumière, face aux éclats de bombes, il convient d’être lucide. Puisque parler de soi c’est aussi et surtout s’inscrire dans l’histoire tragique de tous les hommes ! Des années après, j’estime être rendu au bout de ce que j’aurais voulu dire. Sans avoir épuisé tous les sujets, après être passé de l’un à l’autre, j’ai tout de même essayé de donner du sens à certaines choses en moi. Comment exprimer quelque chose d’infini dans le corps fini du texte ? Puisqu’il s’agissait de faire un parcours et non de le ponctuer par les mots. Et c’est bien cet itinéraire en nous qui importe ! Laissons Kurt Cobain dans sa tombe. Gardons en mémoire les morts du génocide rwandais et ceux de tous les génocides. Je suis sorti de l’hôpital. J’ai en mémoire les ombres des cavernes. Fin de l’histoire ici. Fin de l’épisode. NGC 581 est peut-être arrivé à son terme, avant autre chose, ailleurs.

08.01.2008

Petite annonce

Poète expert en Star Academy ferait tous travaux de ménage et de prostitution afin de boucler les fins de mois, écrirait aussi chansons et poèmes à décliner entre les publicités. Cherche imprésario pour enregistrer album à diffuser sur NRJ, prêt aussi à vendre intermèdes musicaux pour adolescents et paroles à trois sous pour reposer la ménagère à la fin de son boulot. Demande un simple pécule sans autre prétention que de rendre les gens heureux et souriants toute la journée. Possède un solide bagage en comédies musicales et ballets aériens, a frôlé deux fois le mur du son en raccrochant sa guitare. Joue sur un vieux modèle compatible avec la merde ambiante sans distinction de générations avec tendance pour voix mielleuses et slips à grand-mère. Capable d’avoir des visions foudroyantes et d’écrire des vers les yeux fermés en tenant en équilibre sur un œuf, je peux aussi écrire en alexandrins à grands coups d’hémistiches en bouffant de la mayonnaise à même le pot. Donnerait cours de poésie pour trente euros les deux heures avec certificat breveté et tamponné par Carla Bruni sans distinction de taille ou d’origine ethnique, slamerait la publicité pour le succès de votre entreprise garantie deux ans dans les meilleurs crèmeries. Temps de détente en poésie de 0,5 secondes, je suis aussi capable de casser ma guitare à la fin du concert et signe autographes sur maillots à tête de mort. Coté à la Sacem et chez Prisunic, a grande expérience des émeutes et des règlements de compte à balles réelles, ayant aussi été garde du corps pour une grande marque de parfums. Disponible tout de suite pour toute livraison avant dix-huit heures jusqu’à épuisement des stocks.

30.12.2007

Bigleux or not to be

Incommodé par trop de lumière en ce moment, je ne suis pas en mesure de rédiger une note. Bonne année quand même à tous ceux qui viennent lire ce blog. Je retourne dans ma caverne en espérant que ce ne soit pas trop long.

25.07.2007

En vacances

12a3dc981b53ace741926ca6cfd4c302.jpgNGC 581 part en vacances. Pour ne pas appeler à mes trousses les Renseignements généraux, je ne divulguerai pas le lieu de ma villégiature. Je suis entré dans la clandestinité depuis cet entretien où on m’a dit : « m’enfin, monsieur… z’êtes quand même quelqu’un de raisonnable… z’allez pas prendre le maquis… on vous retrouvera de toutes façons. » Vous comprendrez donc ma prudence légitime ! Y z’ont dit qu’en tant que poète je pouvais bien leur composer une petite chanson pour le nouveau produit de leur entreprise, un nouveau truc à la mode. J’ai dit que je ne cautionnais pas la prostitution, que j’étais pas là pour coller des affiches publicitaires et que de toutes façons j’en avais rien à foutre de leur produit à la con. Y z’ont dit que j’allais pas m’en tirer comme ça, que si j’étais là pour mettre le bordel, je pouvais repartir illico. Je me suis barré vite fait vers la sortie en gueulant : « z’aurez pas ma peau ! » J’suis reparti avec mon cartable de potache cancrelat. J’ai pas signé le contrat d’embauche. Du coup je suis pas salarié de leur entreprise, je suis carrément au chômage, j’ai même plus un sou pour partir en vacances. Maintenant j’ai les Renseignements généraux aux fesses ; ils m’ont dit : « Et comment vous payez vos tubes de peinture et vos pinceaux ? Y a anguille sous roche forcément. » C’est ça, oui, je vais aller à la pêche à l’anguille, mais dans un endroit que personne ne connaît : au pays des rêves.