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06/03/2008

Parmi les revues V

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Il faut découper les pages à la main comme au bon vieux temps pour découvrir une belle revue qui offre des textes de très haute tenue. Ce numéro de La Barbacane s'enroule autour de la notion des « Correspondances ». La correspondance entre ce que dit la poésie et l'état du monde ? La poésie, comme la science, essaie d'en saisir quelques vérités pour nous les présenter comme des évidences, à nous d'enrouler nos propres histoires, de nous approprier cette liberté infinie. Au poète aussi d'être attentif à ce monde, à ses erreurs, à  ses horreurs. Dans ce numéro, la présence du poète Raymond Datheil et quelques citations : « eh bien oui. Je crois que chaque atome est en rapport avec tous les atomes, chaque étoile avec les autres étoiles. Oui je crois que chacun de nous a la même croyance à l'intérieur d'une religion ou d'une autre ou d'une absence de religion ! Eh bien oui, je crois cela. Je le crois parce que je n'ai pas peur de la mort ». Et encore cette invective : « Poète, c'est dans ce sentiment de plénitude [la joie] que tu prends conscience de ton rôle de mainteneur. Tu as ton mot à dire sur tout (...) Tu analyses, tu compares, tu juges, et l'avis que tu donnes, la prière que tu formules, c'est ton empreinte surréelle sur la charpente du réel ». S.O.S. nous coulons ! lance Max Pons en marge de ce numéro 91/92. La revue est dans sa 45ème année, c'est dire si elle s'accroche encore à la vie. L'argent est le nerf de la guerre aussi en poésie. Publication semestrielle chez Max Pons, Montcabrier, 46700 Puy-L'Evêque. Abonnement, 2 exemplaires sur Centaure : 35 euros.

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Traction-Brabant roule toujours. Il est bon de faire du stop et de monter dans la vieille automobile, de faire un brin de causette avec le pilote Maltaverne. Vous ne trouverez jamais Traction-Brabant en librairie ou sur les salons, mais on aime le travail impeccable, le choix des textes sans prise de tête, la fameuse couverture légendaire. Saluons donc l'engagement et l'acte surréaliste. Faire une revue est déjà difficile, s'y tenir est admirable et résister aux sirènes de toutes sortes est carrément héroïque. Rien ne se rate dans Traction-Brabant, l'entreprise est désespérée comme est désespéré aujourd'hui le fait de vouloir parler, invectiver, gueuler dans un environnement social et médiatique qui plombe les ailes des plus coriaces. Parions donc que Traction-Brabant est une voiture piégée prête à vous sauter à la figure et que chaque page de la revue tournée par son lecteur est susceptible d'allumer la mèche. A lire dans « Incipits finissants », les déboires du cheval Odéon menacé de passer à l'équarrissage, c'est triste mais c'est vrai. Et l'offensive de Jean-Michel Bongiraud contre Michel Onfray ! Bref, Traction-Brabant n°22 vous fait les poches et dissipe un peu le gamin. Pas de cravate ni de nœud papillon au QG de Traction-Brabant, plutôt l'envie de bouger les esprits, d'appeler à plus d'humanité, à plus de révolte et d'attention. Blog : http://traction-brabant.blogspot.com/ Contact : p.maltaverne@orange.fr

15:00 Publié dans La revue des revues | Lien permanent