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27/02/2008

Le cancre

Aujourd'hui mercredi, journée des enfants, pas de note. Exceptionnellement la rédaction est en grève, le gamin est à la garderie, la parole est en vacances, la porte de la boulangerie est fermée. Trop de tracas, trop de bobos, pas facile de parler dans l'urgence, pas facile de dire un mot quand ça fait mal, quand ça va mal dans la tête. Vaut mieux se taire, c'est pas compliqué, faut pas chercher midi à quatorze heures. On gagne rien à parler. L'écran ça assèche les yeux... après, faut mettre des larmes artificielles ! On finit par avoir le sang déglingué... c'est pas moi qui y ai mis toutes ces cochonneries ! - Bah ! mon vieux, on y voit encore un peu. Y a suffisamment de conneries dans le monde ! Là, je mets un sparadrap... ça va mieux ? Ben non, ça va toujours pas. C'est que le gamin est douillet. Y a des trucs qu'y peut pas supporter. Oh, eh, oh... j'vais bien finir par me taire ! - Mais faites-le taire ! Silence ! Aujourd'hui, pas de note. Pas de note sur le cahier, pas d'appréciations. Mercredi après-midi, c'est atelier poterie, séance découpage et collage de gommettes. Le front du gamin est contre la vitre à regarder la cour de récréation et les copains qui jouent dehors. J'aimerais bien y être aussi. Fait chier, cette putain de colle ! Remarquez... j'suis aussi bien ici, vu qu'il pleut. J'suis même un gros chanceux ! « Je ne dirai plus jamais de saloperies en classe ! » (à recopier cinquante fois). Pas de note, donc. A part ce gros zéro pointé qui fait tache ! Pas de note, pas de logique dans les articulations, pas de point de départ et aucun point d'arrivée. Y a plus qu'à se taire. C'est d'ailleurs ce que je vais faire dans quelques secondes, tout en sachant bien sûr que cette note n'a jamais commencé et que donc il n'y aura pas de fin.

18:45 Publié dans in utero | Lien permanent