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15/09/2007

Beds are Burning

Le monde est ainsi. Chacun paie cher son morceau de terrain. C'est quand le terrain brûle que ça devient délicat. Il n'y a pas à chercher midi à quatorze heures, ni des mots qui ne soient pas dans le dictionnaire, derrière nos appartements aseptisés, il n'y a pas à chercher loin pour trouver du malheur. On pourrait décider de s'en occuper une bonne fois pour toutes, prendre une tuile pour une tuile sans y ajouter de maquillage, en faire un sujet de combat, non... il faut croire que cela n'intéresse pas nos calendriers d'entreprises et que nos carnets de commandes sont trop remplis pour accueillir d'autres marchés. Quel lien y a-t-il entre un poème et une cotation en bourse ? Ground Zero... Tu reconstruis à l'identique, à l'équivalent, ou bien tu changes de direction, c'est bien cela, nous avons pris la direction du mur avec le secret espoir masochiste de rentrer dedans. Il faut dire qu'avec nos bolides nous devrions y parvenir sans trop de mal. C'est question d'un peu de temps. Ne pas s'inquiéter, chacun ressentira bien la secousse. On n'en ratera pas une miette, ça passera en direct à la télévision. Les nouvelles sont claires, le changement climatique est un mirage inventé par les services secrets ex-soviétiques pour accabler la politique américaine en matière d'énergie. Il n'y a par ailleurs aucun inconvénient à brûler les forêts pour en faire du pâturage à vaches, puisque cela ne fait qu'alimenter notre production d'hamburgers. Nous sommes activement priés d'épuiser les ressources de la planète pour l'intérêt de l'humanité toute entière... Elle disparaîtra, bon débarras ! Alors, oui, j'attends les colères de la Terre, sa révolte, son sursaut salvateur. J'attends la grande asphyxie universelle et la montée vers les ténèbres. Souriez, peuples de l'Occident, nos marées noires ne sont que des feux de paille par rapport à la grande lessive qui se prépare. Faites des enfants, nourrissez-les au ronron et au super sans plomb, injectez leur une bonne bouffée d'essence dans les poumons, n'avez-vous pas compris que la vie est belle, qu'il faut lacérer les océans à grands coups de brise-glaces, que ça saigne un peu ! Y en a marre du ciel bleu, des cocotiers et des oiseaux qui font leur vacarme assourdissant de fausse musique. Vive la société qui braille ses chansons à la télévision, la pub qui nous vend du n'importe quoi et le pouvoir d'achat ! J'achète l'Amazonie, j'achète le Groenland, je prends des options sur la lune pour y envoyer nos déchets, je subventionne et je démultiplie la guerre pour la survie de notre civilisation, j'entreprends déjà d'atomiser l'Afrique noire pour y construire un nouveau Disneyland. Il faut bien se marrer un peu quoi... La Star Academy c'est chiant, il faut bien investir dans d'autres conneries, trouver pire. Avec toutes ces idées loufoques mais néanmoins révolutionnaires, nous ne devrions pas en avoir pour trop longtemps à rejoindre le Paradis en première classe et s'éjecter vers un monde meilleur. Dans toute guerre, il y a des dommages collatéraux...  Tant pis si ça crame par ailleurs. Un problème ? Quel problème ? Je vais donc me rentrer ma poésie dans le corps et pour changer le monde évoquer d'autres moyens : la Bourse, le capital et l'entreprise individuelle au service du commerce international et de l'anéantissement social universel. Avec ça, on devrait bien arriver à se foutre sur la gueule tous ensemble un jour ou l'autre. Le monde est beau vu d'ici. Pourvu que ça dure.

19:55 Publié dans Musique | Lien permanent

20/07/2007

De là-haut

Jusqu'à quelle hauteur faut-il s'élever pour ne plus voir du monde qu'un jardin noyé dans la brume ? Quelle distance faut-il parcourir avant de pouvoir se retourner sur sa vie ? Nous marchons dans les rues avec comme satisfaction ce qui brille, ce qui annihile les relents purulents de notre quotidien. Y a-t-il un autre but plus conséquent, plus essentiel ? Alors, disons que le monde est né il y a des milliards d'années et que sa clef nous est définitivement interdite. Disons qu'il suffit d'évoquer notre quotidien et que c'est bien la marche qui nous importe. Cette évocation des mystères, cette transmission de l'ineffable, du spirituel. La poésie est une attitude face au monde, ne témoigne t-elle pas de notre implication, de notre parcours ? Et qu'attend-on d'autre que la transcription fidèle de cette traversée ? Alors, je dis que cette hauteur est proprement un renoncement à soi, la magie qu'il génère est peut-être à la source de la création, elle vous précipite aussi au fond des abîmes, vous y stagnez avec toute l'hébétude de la douleur et les boulets qui vous retiennent au fond. Il y a des danses au fond de l'inconscient, l'esprit sommeille. Le jardin est en fleur. J'ouvre le portail doucement, sans bruit, je franchis le pas de la porte, sur la table il y a un bouquet de fleurs, un message. La cloche de l'école sonne, il est cinq heures. Me voici étendu près des roses à lire un bouquin. Je ne savais pas que le renoncement était la possession des choses. Voici que le ciel est pourpre. C'est un ciel d'orage. Il est bon de regarder le monde de là-haut.

19:50 Publié dans Musique | Lien permanent