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11/02/2008

Spleen VI

Je crois avoir trouvé ma vocation. Je vais faire figurant dans les séries américaines. Y a un paquet de fric à se faire. Au moins cinquante morts par jour dans les feuilletons, des meurtres, des crimes crapuleux, on en bouffe à gogo. Ben oui, des assassinats, il y en a tous les jours dans les cerveaux des scénaristes. On en devient obèse ! Que voulez-vous, c'est comme ça, l'humain c'est pas très joli à voir. Une chose est sûre, on est là et bien là. On se réveille le matin, on est là. On s'endort le soir, le lendemain matin on sera là et re-là. J'ai bien cherché un moyen pour pas être là, je me suis cassé les dents. Il y a toujours moyen de défoncer la porte, mais qui nous dit que derrière on ne sera pas là et re-là ? Pour les gens heureux, il n'y a pas de problème, ça coule dans la rivière, m'enfin quand même ! Quand ça cogne dans la tête, là quand ça fait mal, t'as l'impression que tu ne sortiras jamais de ces murs, tu ressasses tes questions dans tous les sens en essayant de trouver une issue. « Passage interdit », « cul-de-sac », la vache je suis perdu, dans la m... jusqu'au cou. Ca arrive à des gens, ça, tous les jours ! Faut pas croire que la vie est un long fleuve tranquille. Crois-moi, j'ai pas la solution. Je sais pas comment on ouvre des portes avec un biberon, comment on fait entrer un éléphant dans une boite d'allumettes ou pourquoi la mer est mouillée même quand il fait chaud en hiver. Il va falloir inventer des systèmes qui n'existent pas encore ! Et je vois la longue affluence de ceux qui se sont cassé la gueule, qui n'ont pas trouvé la solution au problème. Trouver la force de surmonter les épreuves. Facile à dire, ça ! Encore une idée de gens heureux, de qui n'ont pas le cerveau fêlé comme de la confiture ! Parce que moi ça cogne au niveau du sang dans la poitrine, ça s'agite dans tous les sens dans les neurones, c'est le feu d'artifice dans la tête. L'ambulance file à toute allure, j'ai la gueule dans le pâté, je cherche un moyen de ne pas dégueuler à côté de la poche en plastique. SOS à l'au-delà, je rumine comme un veau les questions que je me pose... Et si ce n'était pas ça mais autrement, je ferais bien de me dépêcher de ne pas trop faire de conneries. La vache, je vais me frapper la tête contre le mur. Je vais bien finir par les défoncer ces murs ! J'voudrais bien sortir de là. Une seule chose est sûre, j'suis bien là. J'ai la gueule contre le miroir. Y a des oiseaux qui s'agitent dans tous les sens. Y en a qui se posent sur les fils électriques de mes neurones. Décharge de dix-mille volts dans les dents. Aïe ! La question : je m'arrête avant le pont ou je franchis la rivière ? C'est mieux ici ou là-bas ? De toute façon, j'suis là et bien là. Trouver la force de traîner ce putain de corps, je ne me débarrasserai pas de mes quelques neurones. Facile à dire. Je crois avoir trouvé ma vocation. Je vais faire figurant dans les séries américaines.

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14/01/2008

Spleen V

Il y a à dire l'inutilité de toute chose. Mais on ne peut pas se flinguer, on ne peut pas prendre ses vessies pour des lanternes. De toutes façons, où voulez-vous aller ? On a les pieds bien sur terre, on ne décolle pas d'une semelle. La société d'hyper-consommation nous ment, elle promet le bonheur en boîte de 500 grammes, elle nous vend du vent en sachet lyophilisé avec bon de réduction, elle envoie au paradis de l'emballage et de la marée noire avec effet rétroactif. Dans les magasins de porcelaine, j'ai la gueule d'un terroriste, cauchemar de la verrerie qui se casse sous les gestes d'un éléphant, embarqué par les CRS, jugé frappadingue et interné en quatrième vitesse. De toutes façons, on ne peut pas se flinguer, t'as signé mec, tu finis ta purée et ton dessert ! Il se pourrait que ça vienne assez vite, y a pas à être pressé, juste prêt, ça suffit. Je devrais faire de la philosophie, moi... je finirais agrégé, docteur certifié, etc. Ben, il se peut que la vie n'ait pas trop de sens, donc faut pas trop chercher midi à quatorze heures. C'est bien possible, ma chère madame, les slips à papa ont perdu de leur qualité en cinquante ans et avec le réchauffement climatique les caleçons ont rétréci de moitié. Va falloir faire attention aux poissons et aux baleines ! La société d'hyper-consommation nous vend de la dépression en bouteille. Le monde est pourri. Ca donne envie de se flinguer. Bon sang de bonsoir, j'ai pas la zen attitude, j'ai pas d'ambition dans les neurones, je suis pas concurrentiel du ciboulot ! Je sais plus où j'ai mis mon CV, où j'ai bien pu mettre mon CV ? Sapristi de bonsoir, où j'ai bien foutu mon cartable ? Où qu'il est passé mon bulletin de notes ? Un et un, deux ; deux et deux, quatre. Garde à vous ! Au pas, au pas ! J'attends la récréation pour fumer mon mégot... Il paraît qu'on peut plus fumer, ça fait mourir du cancer. La mort lente est là, dans l'ombre, elle attend. Pas à pas, le vampire se faufile en vous, il vous ausculte, soupèse votre âme. « - As-tu été sage ? As-tu bien travaillé ? » C'est con, la mort, ça vous emmène pour des raisons incompréhensibles, ça vous lâche au milieu du désert ou sur les trottoirs parmi les poubelles. Y a bien rien à y comprendre ! Les cours vont reprendre, je suis comme un con sur mon banc à disserter sur l'inutilité de chaque chose. Mais on ne peut pas se flinguer à dix-sept ans.

18:45 Publié dans Réflexions | Lien permanent

21/12/2007

Rage aux dents et blues de Noël

Les Enfants de Don Quichotte se sont installés sur les quais de Seine le 15 décembre, avant d'être délogés par la police. Les médias se sont emparés de l'événement le temps de quelques heures, mais c'est bientôt Noël, la détresse, la saleté, la grisaille ça ne se supporte qu'un temps, c'est un peu la prière un soir de 24 décembre, on y pense et puis à coup d'eau bénite on se lave de ses péchés, et puis c'est les cadeaux, il faut bien vendre, la misère ça casse le moral, ça dépare les rayons, c'est carrément anti-commercial. Il y aurait entre 10 000 et 12 000 sans domicile fixe à Paris selon la BAPSA (Brigade d'assistance aux personnes sans-abri). Ils sont là, dans la cage d'escalier, sur le trottoir, à la porte de nos magasins, ils tendent la main. Mais la télévision, cette machine à aseptiser, transforme l'insupportable en feuilleton à trois sous. Combien de jeux dans cette télévision où l'on vient afficher son cul, son QI, sa connerie pour gagner, pour empocher, pour se laver les mains de sa bêtise, cette pornographie institutionnalisée, cette conscience qui se lave à coup de Cacharel et de crème à récurer ! Et puis ces ados boutonneux enfermés dans leur château et qui se prennent pour des artistes ! Les cons ! Excusez-moi mais l'art est ailleurs. L'Art s'est suicidé avec Kurt Cobain, il rit de nous dans le caniveau, sous ses cartons. Il n'en a rien à secouer de nos chansons, de nos gueuletons. Les enfants, passez Noël, passez Pâques, ne vous flinguer pas, tant d'ignorants vivent de leur bêtise, n'ayez pas la faiblesse de vous flinguer pour eux. Il reste toujours la possibilité de devenir clochard. C'est un beau métier aussi, même si ça ne gagne pas des millions. Cette nuit, un sans-abri est mort de froid place de la Concorde. J'ai le moral à zéro. Y a trop de cons sur terre. Je tiens le coup, je lutte contre ma propre indifférence, contre ma propre bestialité. Je suis homme, j'ai tous les massacres en moi. Je suis potentiellement capable de me trancher la gorge. Je suis homme, je lutte contre la connerie et je n'ai aucunement envie de me supprimer. Je sais pas comment ils font pour violer des femmes et les transformer en torches humaines, je sais pas comment on peut massacrer des enfants. Je suppose qu'il y a un espace en soi, le même à l'autre bout de la planète. Je suppose que c'est comme ça qu'on assassine les gens. Les scientifiques ont déjà identifié plus de 270 exo-planètes. Leur passage devant une étoile provoque une diminution de leur intensité, les astronomes sont ainsi capables de déterminer les dimensions de l'objet. Il y a certainement des formes de vie extra-terrestre dans l'Univers. Il y aura forcément des rencontres. 13,7 milliards d'années que l'Univers est là. La vie est apparue sur Terre il y a 3,6 milliards d'années sous forme de bactéries. L'Etre humain est apparu il y a quelques millions d'années. Après plusieurs glaciations, il est entré dans l'Holocène, l'âge de l'agriculture, du travail de la pierre et des métaux. La deuxième Guerre mondiale a fait plus de 50 millions de morts. Au total, entre 5,1 et 5,9 millions de juifs ont été tués pendant la guerre. 2,7 millions ont été exterminés dans les chambres à gaz. Que sommes nous parmi tout cela ? Qu'est-ce qu'un clochard dans la rue ? Qu'est-ce que la Star Academy ? Que sommes-nous dans un Univers grand comme 13,7 x 109 années-lumière ? Le monde n'est pas poétique car il est surdimensionné. Le monde n'est pas poétique parce que les hommes y font la guerre. Et il n'est pas poétique parce que les hommes n'y passent que pendant quelques secondes. Allez, quand même, joyeux Noël.

17:40 Publié dans Réflexions | Lien permanent