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05/07/2008

Par une journée d’été...

Par une journée d’été, tes yeux étaient aussi clairs que le bleu du ciel. Dans le jardin, un homme assis derrière un arbre, la joue collée aux fleurs, lisait un livre. Cet homme avait quelque chose de mystérieux, comme une agitation qui derrière un masque d’apparences devait vivre intensément. Ses mains tournant les pages, ses yeux fixant le néant. Peut-être un mot, une phrase l’avaient-ils intrigué et il se laissait envahir par leur essence, cigarette aux doigts et cet air impatient et intrigué de quelqu’un qui cherche à comprendre. Moi, j’étais assis sur cette chaise de jardin et je lisais mon livre. Les mots sont des pétales d’encre de Chine collés sur un papier. Ils n’ont de teneur, de sens, que pour l’esprit. S’échapper, s’envoler pour une seconde, pouvoir se dépasser une fois dans sa vie, et découvrir l’éternité ! Moi, j’étais assis dans ce jardin, un verre posé sur l’herbe.

© Daniel Brochard. Poème publié dans L'échappée belle, n°12, novembre 2004.

13:14 Publié dans En revues | Lien permanent

24/06/2008

Je ne suis pas ce reflet...

Je ne suis pas ce reflet menteur dans le miroir. La vision s’évanouit tellement elle est absurde. Je préfère de loin cette lumière dont je suis fait et qui ne préjuge pas de moi. Mais alors de quoi suis-je fait ? De mots, de sens aussi insignifiants les uns que les autres. Et si je ne suis pas moi, alors c’est que cette lumière aussi me trompe. Je suis un vent qui souffle sur ton coeur.

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L’air d’un songe, nous traversons les rues désertes. Levons les yeux vers la lumière nocturne et son cortège de sens. Nous partons vers ces champs d’étoiles, révolte au poing. Un voile aveugle rend le monde insipide. Je rêve.

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© Daniel Brochard. Poèmes publiés dans L'arbre à paroles, n°121, septembre 2003.

13:40 Publié dans En revues | Lien permanent

02/06/2008

Sous le duvet...

Sous le duvet du parapluie se tient le guetteur. L’éclat du cristal ressemble à la ligne de tes yeux. Le chevalier en armure s’est forgé une épée de ronces et de flanc de sauterelle. Après la révolution technologique viendra l’ère spirituelle. La clairvoyance est une faculté giratoire. L’ascendance des lumières est aussi forte que l’encombrement des rues un vendredi soir. Nos lacets défaits, nous ne pouvons que buter sur le tronc d’un platane. Il n’y a pas que les automates qui soient dépourvus de raison. Nous sommes aussi vides qu’une maison hantée. Et le sommeil a des profondeurs abyssales.

 

© Daniel Brochard. Poème publié dans L'échappée belle, n°11, novembre 2003.

20:08 Publié dans En revues | Lien permanent