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19/07/2008

Vacances !

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Les doigts de pied en éventail, peinard ! Ah ! les vacances ! Se décontracter le ciboulot en sirotant un diabolo menthe. Avoir l'esprit au niveau des mouettes qui font des zigzags au-dessus de la crasse des hommes. Se vider la tête sous un parasol en bouffant des beignets abricot. "- Chauds chauds les beignets ! " Allez faut rentrer, la douche et au lit ! T'as même pas le droit de te taper un mille bornes. Non, mais dis donc, tu vas obéir, oui ! Sale gamin ! Ca fout rien à l'école et ça voudrait commander à dix ans ! Non mais, sans blague ! Bref, vive les vacances et les autoroutes embouteillées, la tente qui prend l'eau et la grand-mère qui rote en pétant dans le duvet, les pique-niques tupperware, les pâtés de sable et la crème coco ! Allez ! tous à la flotte. Et que j't'arrose, et que j'te fous des coups de rame et que j'te balance des algues à la figure ! La vache ! les vacances, c'est carrément génial ! Dire qu'il va falloir repartir au boulot, se taper l'autoroute en sens inverse pour se noyer la tête sous les néons au vingt-quatrième étage un peu plus près de toi mon dieu ! Et pis bref, zut ! et rezut ! je me retape un beignet coca light. Les vacances, c'est carrément disco, new age, over top. C'est comme sur les cartes postales. Dis, va falloir en envoyer une à grand-père...

21:24 Publié dans La vie des mots | Lien permanent

09/07/2008

Arrêt d’horloge...

Arrêt d’horloge et de temps. Une fluctuation imperceptible du vide très haut vers le firmament provoque la métamorphose annoncée d’un cercle de feu en croissant luminescent. Les vagues s’épanchent en vastes gonflements, parfois éclatent en papillons de nuit. Au large, un château de verre, mystérieux, attend. Je n’habite pas les étoiles, ni ces forêts de pins. Je ne suis pas dans ces empreintes sur le sable et pourtant il me semble être déjà passé par ici. L’écume blanche est comme un long chemin qui s’étend des deux côtés de l’horizon. Ma solitude est comme un phare éteint. Je suis impatient de quelque chose, comme du jaillissement soudain d’une supernova, peut-être même de l’ouverture d’une porte dans la nuit et aussi, sûrement de la disparition de tout. Ma montre arrêtée n’indique pas les cinq heures.

© Daniel Brochard. Poème publié dans Comme en poésie, n°11, septembre 2002.

19:53 Publié dans En revues | Lien permanent

05/07/2008

Par une journée d’été...

Par une journée d’été, tes yeux étaient aussi clairs que le bleu du ciel. Dans le jardin, un homme assis derrière un arbre, la joue collée aux fleurs, lisait un livre. Cet homme avait quelque chose de mystérieux, comme une agitation qui derrière un masque d’apparences devait vivre intensément. Ses mains tournant les pages, ses yeux fixant le néant. Peut-être un mot, une phrase l’avaient-ils intrigué et il se laissait envahir par leur essence, cigarette aux doigts et cet air impatient et intrigué de quelqu’un qui cherche à comprendre. Moi, j’étais assis sur cette chaise de jardin et je lisais mon livre. Les mots sont des pétales d’encre de Chine collés sur un papier. Ils n’ont de teneur, de sens, que pour l’esprit. S’échapper, s’envoler pour une seconde, pouvoir se dépasser une fois dans sa vie, et découvrir l’éternité ! Moi, j’étais assis dans ce jardin, un verre posé sur l’herbe.

© Daniel Brochard. Poème publié dans L'échappée belle, n°12, novembre 2004.

13:14 Publié dans En revues | Lien permanent