07.10.2008

Hassan en sursis

Jeudi matin 2 octobre, l' Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière de Hassan a été annulé par la juge du tribunal administratif de Melun. Hassan comparaissait libre suite à sa remise en liberté samedi 27 septembre par le Juge des Libertés et de la Détention. L’audience n’a duré que quelques minutes ; les pièces au dossier ont dû peser sur le jugement ainsi que la présence de Jamaa au Tribunal.

La juge a reconnu une "erreur manifeste d'appréciation de la situation familiale" de la part de la préfecture. En clair, la situation familiale de Hassan est suffisamment établie en France pour qu'un éloignement porte atteinte à sa vie privée et familiale.

Cependant, la décision n'a pas été assortie d'une demande à la préfecture d'attribuer une autorisation provisoire de séjour. Hassan n'a pas vocation à quitter le territoire mais n'est pas pour autant en situation régulière ou régularisée...Et la préfecture peut encore faire appel du jugement…

Il s’agit maintenant de préparer un dossier avec l’avocat et de déposer une demande d'autorisation de séjour en bonne et due forme à la préfecture.

Le Gouvernement s'est fixé un objectif de 26 000 reconduites à la frontière en 2008. Pas étonnant qu’un jugement ne dure que 10 minutes. Les titres de séjour ne sont donnés qu’au goutte-à-goutte. Honte à Hortefeux qui aurait fait le même boulot en 2002 si Le Pen était passé !

29.09.2008

Hassan libre ?

Après avoir été transféré au Centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot près de Roissy, Hassan a été libéré samedi soir 27 septembre par le Juge des Libertés et de la Détention de Meaux. Grâce au Collectif qui s’est mobilisé, Hassan dispose d’un peu de répit. Certains parleraient de chance, mais la chance sourit sans doute à ceux qui la provoquent... L'avocate de permanence a plaidé le défaut de maîtrise de la langue française et de la compréhension des procédures et des droits de la part de Hassan. Une banale erreur de date et la procédure a été déclarée irrégulière par le Juge. Il va de soi que la présence dans le dossier d'une pétition signée par 25 professeurs du collège Clémenceau et la présence de la mobilisation à l'audience ont pesé dans la décision. Hassan doit passer jeudi 2 octobre devant le Tribunal Administratif. Il faut que cet avantage se transforme en reconnaissance du droit de la famille de Hassan à vivre en France. L'annulation de l' Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière et la délivrance d'une autorisation de séjour pour Hassan et sa famille doivent être obtenues. Tous les soutiens et les éléments au dossier compteront ce jour-là.

26.09.2008

Hassan arrêté !

Hassan, père de Jamaa, vient d’être arrêté sur son lieu de travail. Ce jeudi 25 septembre une descente de police est intervenue sur le chantier où Hassan travaille comme maçon, à Paris. Certains ont eu le temps de fuir, Hassan non. Ne pouvant produire de document administratif de séjour, il a été conduit au commissariat de Chessy où il a passé la nuit au Local de Rétention Administrative. Hassan vit en France depuis bientôt dix ans, c’est sa quatrième arrestation en deux ans. La première avait duré 18 jours. Sa femme et sa fille sont venues en France début 2005. Sa fille Jamaa, 15 ans, est scolarisée dans un Collège à Paris. Elle est une élève sérieuse et attentive. En 2007, le Maire de Paris lui a même remis un Prix du Mérite lors d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville. La nuit a été rude dans la pièce unique située dans le 18ème arrondissement. Des lettres ont été envoyées au commissariat et à la préfecture du 77 ainsi qu’au Préfet de Seine et Marne. Aujourd’hui, 26 septembre, Hassan a été transféré dans le Centre de Rétention Administrative de Mesnil-Amelot près de Roissy. Le collège de Jamaa s’est mobilisé pour soutenir la famille auprès des autorités.  L’incertitude plane quant au devenir de Hassan. Toutes les bonnes volontés se sont mises au travail afin d’obtenir sa libération et de lui permettre, lui et sa famille, de vivre en France en toute légalité. J’avais rédigé une note pour Jamaa, son père et sa mère : Un métro plus loin. Les circonstances malheureuses me font revenir sur le sujet. Souhaitons que tout s’arrange et que Jamaa et ses parents sortent enfin de cette obscurité qui les oppresse depuis si longtemps.