12.06.2008

Traversées, n°50

Traversées.jpgIl faut saluer l’éditorial de Patrice Breno, dans ce numéro de « Traversées », dont je cite avec son accord le dernier paragraphe :  « Il faut écrire davantage, mais parfois autrement, ne fut-ce que pour éveiller la conscience des peuples qui vivent dans l’opulence et ne daignent pas jeter un regard sur ce massacre d’innocents incessant et journalier. Il faut oser voir ce qui se passe ailleurs, il faut oser entendre ces voix qui viennent d’outre-cauchemar, et pas forcément dans son propre jardin. Il faut oser déranger… et s’ouvrir aussi à ces témoins du pire ! » . Voilà résumé tout un programme d’inventivité pour donner un sens (social) à l’écriture. Le poète, à un moment ou à un autre est appelé à sortir de son grenier, à ouvrir les yeux sur ce monde bien plus tragique et torturé que son esprit. Breno nous rappelle que la poésie est destinée à traverser les frontières. Donner un sens à une expérience individuelle est forcément se confronter à la réalité. Dans sa dimension sociale le poète n’est plus seulement le héraut de ses propres sentiments. Il n’est pas non plus destiné à être le grand Transparent, le refoulé, le banni. Une part de lui-même est appelée à vivre ailleurs, autrement. L’incarnation du Verbe par l’écriture est aussi l’incarnation de soi dans la réalité. Il y a un déplacement à faire qui concerne chacun, pas seulement le poète ou l’éditeur de revues. Le poète est appelé à (re)devenir homme. Cet exercice n’est pas le plus facile. Il n’est jamais facile d’assumer des choix, de tenir des convictions. Mais la poésie n’est-elle pas cette traversée, cette volonté de revenir à la réalité du monde, à ses essences ?

On trouve des pépites dans ce cinquantième numéro de « Traversées », et qui viennent de tous les horizons : Belgique, Congo, Iraq, Suisse, Corse, France, Argentine et Iran. Les textes sont de  : Paul Mathieu, Fiston Nasser Mwanza Mujila, Patrick Tankama, Alfrid Samaan, Catherine Roussy, Pascale Giovannetti, Rome Deguergue, Eric Dubois, Daniel Chirom, Aurélie Z Noel, Guy Ferdinande, Mohammad Ziar, Jacques Taurand, Patrick Joquel. A noter les nombreuses chroniques de livres. Mohammad Ziar nous offre une merveille venue d’Iran : « L’allée de mes souvenirs »… On pense aux « mille ans » de Baudelaire, à « l’édifice immense du souvenir » de Marcel Proust… et pourtant tout est résumé en quelques vers ! Ce poème ouvre les portes de la perception pour un voyage à l’intérieur de l’esprit, réplique du monde, où rien ne s’oublie, où la perception devient le monde lui-même ! Ici, on se promène parmi les éléments simples, « les feuilles d’automne », dans « l’humide espace matinal », au pied de la montagne… On rencontre « l’enfant fleuriste », le « marchand de journaux »… Et, « les mains dans les poches » on se promène dans cette réalité noyée dans l’irréel. Où est l’endroit ? Où est l’envers ? Sommes-nous dans un songe ou bien dans le monde ? Aucun moyen de le savoir ; le poème laisse libre la double interprétation. En quelques mots, Mohammad Ziar explore des dimensions importantes de l’esprit en nous en livrant quelques clefs. Il donne de cet esprit une image que nous pourrions qualifier d’universelle. Ainsi sont retracés les souvenirs et les histoires. Ainsi chacun reste-il attentif au monde, à ses blessures et à son merveilleux.

La poésie est comme cela, elle offre des trésors inestimables, des sensations qui vous suivent et vous portent, des rencontres dans des lieux insolites ou reculés. Elle tend à explorer un noyau central afin de donner du sens à nos vies, à nos engagements. Elle nous donne de l’énergie afin que nous puissions trouver notre propre vérité et non celles imposées par le monde. C’est pour cela qu’elle sera toujours ici, en Iran ou ailleurs. C’est pour cela que nous serons toujours appelés à marcher avec elle, par des chemins qui seront toujours détournés mais qui à la fin nous ramèneront à la même lumière. On peut croire encore en elle, puisqu’il n’y a pas de Dieu, pas de Vérité et pas de réponses à nos questions existentielles. On peut toujours se rattraper à ce mensonge, un mensonge qui pourtant dirait la vérité.

Abonnement à Traversées : 4 numéros, 12 euros (Belgique) ou 15 euros (étranger). Pour la France, envoyez un chèque à l'adresse ci-dessous libellé au nom de Colette Herman".

Patrice Breno ; Faubourg d'Arival, 43 ; B-6760 Virton (Belgique)

Contact : patricebreno@hotmail.com

06.03.2008

Parmi les revues V

1327790731.jpgIl faut découper les pages à la main comme au bon vieux temps pour découvrir une belle revue qui offre des textes de très haute tenue. Ce numéro de La Barbacane s’enroule autour de la notion des « Correspondances ». La correspondance entre ce que dit la poésie et l’état du monde ? La poésie, comme la science, essaie d’en saisir quelques vérités pour nous les présenter comme des évidences, à nous d’enrouler nos propres histoires, de nous approprier cette liberté infinie. Au poète aussi d’être attentif à ce monde, à ses erreurs, à  ses horreurs. Dans ce numéro, la présence du poète Raymond Datheil et quelques citations : « eh bien oui. Je crois que chaque atome est en rapport avec tous les atomes, chaque étoile avec les autres étoiles. Oui je crois que chacun de nous a la même croyance à l’intérieur d’une religion ou d’une autre ou d’une absence de religion ! Eh bien oui, je crois cela. Je le crois parce que je n’ai pas peur de la mort ». Et encore cette invective : « Poète, c’est dans ce sentiment de plénitude [la joie] que tu prends conscience de ton rôle de mainteneur. Tu as ton mot à dire sur tout (…) Tu analyses, tu compares, tu juges, et l’avis que tu donnes, la prière que tu formules, c’est ton empreinte surréelle sur la charpente du réel ». S.O.S. nous coulons ! lance Max Pons en marge de ce numéro 91/92. La revue est dans sa 45ème année, c’est dire si elle s’accroche encore à la vie. L’argent est le nerf de la guerre aussi en poésie. Publication semestrielle chez Max Pons, Montcabrier, 46700 Puy-L’Evêque. Abonnement, 2 exemplaires sur Centaure : 35 euros.

1394645301.jpgTraction-Brabant roule toujours. Il est bon de faire du stop et de monter dans la vieille automobile, de faire un brin de causette avec le pilote Maltaverne. Vous ne trouverez jamais Traction-Brabant en librairie ou sur les salons, mais on aime le travail impeccable, le choix des textes sans prise de tête, la fameuse couverture légendaire. Saluons donc l’engagement et l’acte surréaliste. Faire une revue est déjà difficile, s’y tenir est admirable et résister aux sirènes de toutes sortes est carrément héroïque. Rien ne se rate dans Traction-Brabant, l’entreprise est désespérée comme est désespéré aujourd’hui le fait de vouloir parler, invectiver, gueuler dans un environnement social et médiatique qui plombe les ailes des plus coriaces. Parions donc que Traction-Brabant est une voiture piégée prête à vous sauter à la figure et que chaque page de la revue tournée par son lecteur est susceptible d’allumer la mèche. A lire dans « Incipits finissants », les déboires du cheval Odéon menacé de passer à l’équarrissage, c’est triste mais c’est vrai. Et l'offensive de Jean-Michel Bongiraud contre Michel Onfray ! Bref, Traction-Brabant n°22 vous fait les poches et dissipe un peu le gamin. Pas de cravate ni de nœud papillon au QG de Traction-Brabant, plutôt l’envie de bouger les esprits, d’appeler à plus d’humanité, à plus de révolte et d’attention. Blog : http://traction-brabant.blogspot.com/ Contact : p.maltaverne@orange.fr

29.01.2008

In-fusion n°1

9503a61772e61f4064e8cc9e56f74625.jpgUne nouvelle revue vient de paraître. Le premier numéro d’In-fusion a pour thème « La Nature sous toutes ses formes. » Le directeur de publication, Nicolas Cotten nous présente un sommaire conséquent autour de Michel Cosem, Matthias Vincenot, Saïd Mohamed, Cécile Guivarch, Juliette Clochelune, Laurent Fels, Emeric de Monteynard, Thierry Cazals, Philippe de Boissy, Patrick Joquel, Eric Dubois, Jacqueline Persini-Panorias, Jean-Pierre Lesieur, André Duhaime, Camille Aubaude, Thibaut Gress, Daniel Brochard, Danièle Corre, Magali Turquin, Pierre Clavilier et Jean-Pierre Cotten, ainsi qu’un travail photos-haïkus de Thierry Cazals et Pierre Ligou. Les textes présentés sont de grande qualité, déclinant la sensibilité de chacun sur la question très actuelle de la relation entre l’Homme et la Nature et l’Homme et sa Nature. On y retrouve des poèmes mais aussi un conte, un article, une étude et des contributions philosophiques. Les points de vue se répondent, réalisant le désir de Nicolas Cotten d’élargir les opinions et les horizons.

Le poète futur devra s’approprier les questions de son temps, il est sommé par sa conscience d’aller en avant ! La figure du poète isolé du monde, replié sur lui-même et sur son malheur n’a plus de raison d’être, il est un individu social, il est n’importe qui ! A lui de dire, de s’engager et de se faire entendre. Personne n’ira au devant de la poésie, c’est à elle de mordre, d’user les consciences, de vivre. Quelle richesse potentielle et quels horizons pour un poète, pour un jeune qui désire prendre sa vie en main ! Que de possibilités offrent une revue, une association !

In-fusion est une initiative soutenue grâce à l’aide des Editions du Jasmin et du « Programme Envie d’Agir 2007 » du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports dans la catégorie du Fonds Départemental d’aide aux initiatives des jeunes. La revue bi-annuelle littéraire et artistique propose aux différents auteurs et artistes d’exprimer leur point de vue sur un thème choisi, accordant une cohérence et une valeur supplémentaire à chaque contribution.

La revue In-fusion doit être soutenue, elle révèle le désir d'expression qui anime la jeunesse, elle ancre la poésie dans une perspective sociale où l’individu cesserait de subir sa vie et prendrait les clefs en main. Il y a eu de multiples Révolutions, il faut désormais réaliser celle de la conscience. Ce n’est que dans la liberté de la parole et dans l’indignation face aux tragédies de son temps que l’existence d’un homme prend tout son sens, ce n’est qu’au moyen de cette même parole qu’il peut espérer un jour se rendre utile au bien de tous les hommes. La poésie n’est autre chose que cette conscience réalisée.

Aujourd’hui, In-fusion naît, elle est vouée à trouver son lectorat et à devenir grande. Un départ sur le thème crucial de la relation entre l’Homme et son environnement qui est désormais La question de demain. A vous de l’encourager et de lui permettre d’exister dans l’horizon des revues de demain.

In-fusion : Nicolas Cotten, 20 rue Pierre Boudou - 92600 Asnières-sur-Seine. Le numéro : 12 euros ( + frais de port France : 2 euros). Abonnement France : 20 euros. Chèque à l'ordre de Association In-fusion. Courriel : assoc.infusion@gmail.com

21.01.2008

Parmi les revues IV

b4521750448a5c7dcf7284d7c2f55a83.jpgJe me souviens de ce soleil qui brûlait les yeux du prisonnier qui quittait la caverne. Le réel est un dieu effrayant. Et pour peu qu’on s’aventure à  franchir le pas, l’entrée en poésie se fait de façon violente et tragique, on perd forcément les pédales. Pyro est un exemple de combustion précipitée au sein de la langue, elle appelle au Verbe, à un dépassement de soi par les mots et la poésie. Pyro se fait forcément aussi voleur de feu. Si elle a su devenir grande c’est en conscience du mystère incessant qu’est la poésie. 20 auteurs au sommaire de ce numéro 13. Tout est .

 

966eb84a1371534b97ccbddb4d47f166.jpg« Les mots, qui doivent aussi passer par la tête, se retrouvent donc au beau milieu d’un paradoxe : celui d’être autant dans la distance nécessaire que collés directement sur le sujet. C’est peut-être ça, la poésie ? » écrit Stéphane Despatie dans l’édito de Exit n°48. Le thème de la revue est « Ruelles » et réunit une quinzaine d’auteurs. On retrouve aussi les voix de Nancy R. Lange, Marie-Claire Bancquart et François Charron. Exit, revue de poésie, Editions Gaz Moutarde C.P. 22125, C.S.P. Saint-Marc, Montréal (Québec) H1Y 3K8 Canada. Site Internet ici.

85e361a6ed32b99d37293e62a4ea805a.jpgL'ACT MEM a repris une grande partie du catalogue des Editions Comp'Act et la revue Passages à l’act succède à La Polygraphe. Dans ce numéro 1.2 le sommaire est imposant, critiques, poésie et réflexions alternent. Le contenu satisfera les lecteurs exigeants. Tout est .

 

0ba1de6eedd0568a3388353545b603df.jpgIl semble que l’appel lancé par la revue N4728 début décembre ait porté ses fruits et ait favorisé de nombreux abonnements. La revue est publiée par l’association Le chant des mots à Angers. Elle attend encore de nouveaux lecteurs. Lien de l’association.

05.12.2007

Parmi les revues III

Pour Noël, pensez à un abonnement à une revue de poésie, demandez-le dans votre lettre au Père Noël ! En voici quelques-unes :

268035b42dde409e6b13f34ab4e9b7ef.jpgLa revue Multiples animée par Henri Heurtebise a déjà 37 ans ! Ce numéro 71 propose plusieurs extraits de recueils publiés par une quinzaine d’auteurs, c’est la partie Anthologie. Poèmes majeurs regroupe vingt autres auteurs. Le tout donne un aperçu représentatif de l’écriture d’aujourd’hui. Henri Heurtebise : 9, chemin du Lançon 31410 Longages. Abonnement : 3 numéros, 36 euros. Le numéro : 15 euros.

590c9a89631aa542b18e192e763b6260.jpgPoésie sur Seine est une revue complète et non élitiste. Idéale pour un premier abonnement à Noël ! Mais attention, la revue vise la qualité, qu’elle soit anonyme ou fruit de poètes plutôt connus. Nombreuses notes de lectures. Alternance de numéros thématiques et libres. Hommage dans le numéro 62 à Emmanuel Hiriart et Pierre Osenat. La revue possède un site : http://poesiesseine.ifrance.com/ Association Poésie sur Seine, 13 place Charles de Gaulle, 92210 Saint-Cloud. Abonnement : 25 euros. Le numéro : 8 euros.

a25bbb5c7bd909d3d607275c80f9747c.jpgFriches, Cahiers de Poésie Verte pourrait être la petite sœur de Poésie sur Seine et dispose également de son site Internet : http://membres.lycos.fr/friches/ Le dossier du numéro 97 est consacré à Franck Venaille.

1ccbfb18f814c7f8940324b647947fc5.jpgLa revue Passage d’encres est d’une belle facture professionnelle remarquable dans la qualité de ses textes et de ses nombreuses illustrations. Je n’ai pas encore le numéro 29 qui vient de sortir, sous-titré « Scènes ». Dans ce numéro 28 « Un paysage européen II », il est question de murs, de voyages, de dépassement de soi, de la parole au-delà des frontières… Sont regroupés aussi des travaux d’un groupe d’adolescents de Romainville. Parmi les auteurs au sommaire : Patrick Suter, Pierre Drogi, Carole Florentin, Alain Helissen, Jacques de Longeville. La revue y publie aussi deux extraits de mon recueil « Train de nuit », qui recherche un éditeur. Qu’elle en soit encore remerciée. Site Internet : http://www.passagedencres.org/revue/Scripts/accueil.php Passage d’encres – Christiane Tricoit : 16 rue de Paris, 93230 Romainville. Abonnement 3 numéros : 55 euros. Le numéro : 20 euros.

Le budget moyen du ménage français pour les fêtes de fin d’année devrait être de 556 euros. Il n’y a pas que le foie gras et les petits fours… Une petite revue enrubannée c’est quand même mieux qu’un DVD ou le dernier i phone !

19.11.2007

Parmi les revues II

e23741349398b4c568fd8f1ca5dd1c37.jpgRétro-Viseur (n° 108) : Le Dandy, selon Baudelaire, doit « vivre et dormir devant un miroir ». Quant au poète, il peut toujours s’abonner à la très intéressante revue Rétro-Viseur. Le dossier est consacré à Max Alhau, en séquences de réflexions (sans jeu de mots), lequel auteur nous renseigne sur le pourquoi et le comment de sa poésie et nous livre une nouvelle et un poème. Avec les voix de Marie Desmaretz, Marie-Josée Christien, Françoise Valencien, Colette Andriot, Françoise Lison-Leroy, Eric Lefebvre… Lectures de Paul Roland, Lucien Wasselin, Georges Cathalo. Un contenu accessible aux passionnés de poésie comme aux néophytes. Abonnements, manuscrits : Hervé Lesage, Les Echevins, 58 rue de la Barre 59800 Lille. Le n° : 7,50 euros. Abonnement 3 numéros : 22 euros.

fd45d135b12836246156b14e47238c90.jpgici é là (n°7) : La revue de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines bouge les murs par sa conception, son graphisme, ses dossiers, ses auteurs. La mise en page a été confiée à des mains expertes. Le contenu est bien au service de la petite édition, celle que l’on oublie en général, à côté de laquelle on passe sans s’arrêter, sans un regard, et s'élargit à tous les champs de la poésie contemporaine. A l’honneur, Boiko Lambovski (Bulgarie). Mais aussi Roger Dautais, Isabelle Lagny, Sami Sahli, Lewigue, etc. Poésie de la Nouvelle-Calédonie. Actualité poétique. Je ne sais pas si la poésie sortira un jour de son ghetto, mais cela se fera certainement grâce à des revues comme ici é là. A lire absolument. La Maison de la Poésie. 10 pl. Pierre Bérégovoy. 78280 Guyancourt. Le n° : 10 euros. Abonnement : 18 euros. Lien : http://www.agglo-sqy.fr/maison-poesie

97739c51f91459ea52d822b6745759f3.jpgLa Nouvelle Revue Moderne (n°20) : Dans ce numéro, belles illustrations et proses se succèdent dans un grand souci de qualité. Au sommaire, Gérard Farasse, Laurence Monfroy, Thomas Vinau, Jean-Marc Flahaut, Eric Dejaeger, Jean-Michel Aubevert, Mimosa, Dorothée Blanck, Marie Ginet, Popofe Dumont. Un exemplaire de Elagage max… de Eric Dejaeger est offert aux abonnés ! Paru chez Memor en 2001, ce recueil est un grand moment de lecture, mais vite, il n’y en aura pas pour tout le monde. La Nouvelle Revue Moderne - Philippe Lemaire : 68, rue du Moulin d’Ascq. 59493 Villeneuve d’Ascq. Le n° : 6 euros. 1 an : 4 n° : 25 euros. Lien : http://nouvellerevuemoderne.free.fr/

3914a3d8178a2fae0420deab43eb7139.jpgMicrobe (n°44) : Et pendant qu’on y est, vous pouvez vous abonner à Microbe, la revue dirigée par Eric Dejaeger, c’est « fort utile pour la bonne impression et l’envoi du gamin. » Mais vérifiez bien que votre boîte à lettre est équipée d’un anti-virus, ce numéro 44 pourrait faire pas mal de victimes encore cet hiver ! C’est ici : Launoy 4, (B-) 6230 Pont-à-Celles (Belgique) et là : ericdejaeger@yahoo.fr Abonnement : Europe (sauf Belgique) 15 euros…+ 5 mi(ni)crobes 20 euros.

27.09.2007

Comme en Poésie n°31

2aa8027320caed05749e350a3d93bab8.jpgL’illustration de couverture de Comme en poésie n°31 montre une porte donnant vue sur un port. On peut résumer la poésie ainsi : une accession vers un ailleurs, une pénétration dans un espace. Jean-Pierre Lesieur, qui prévoit une enquête sur le poète au 21ème siècle, prend la situation de la poésie avec humour et grincements de dents, évoquant le Sarkozysme aigu actuel, la question de l’utilité de l’écriture, la crise d’audience de la poésie, la mode éphémère du Slam et les histoires rocambolesques. Comme en poésie, c’est cette parole franche, libre, passionnée que l’on retrouve à chaque numéro, où poètes connus et débutants se côtoient aisément, comme ici Luce Guilbaud, Danielle Lambert, Fabrice Marzuolo, Alain Kewes, Gérard Lemaire, Jacques Taurand, Olivier Aulry, pour n’en citer que quelques-uns. Entre autres découvertes, celle de Anne Blayo à l’écriture juste et touchante (« A bicyclette vers la mer. La voir avant de partir. Humer son énergie. L’aube n’est pas encore. Je longe le golf, traverse la ville, grimpe la dune et toujours alors, elle irradie ourlée d’écume. Soudain, là, un abîme noir comme ma pupille en mydriase, de l’encre au fond. Ni horizon. Ni ciel. Ni mer. L’obscurité étale. Le sentiment d’être trahie. Repartir avec cette prédiction. ») A lire absolument, Comme en société, très juste réflexion de Mona Chollet qui démontre que le terme de poète, ce grand mot, ne désigne que l’activité de quelqu’un qui par ailleurs peut exercer n’importe quel métier. La plupart des auteurs n’ont de statut social que d’après leur second métier. Ce besoin d’exister différemment entre souvent en conflit (voir Kafka) avec ce statut (« Une aspiration humaine essentielle, mais compromise, dans tous les secteurs d’activité, par l’automatisation et la standardisation. ») Ce « besoin qui existe chez tout le monde, mais qui ne trouve pas toujours à s’exprimer » détermine aussi la question du bonheur. Je pense que chacun pourra trouver son propre sens à ces mots. A méditer, la « pasticherie » de Claude Albarède, ou comment citer des dizaines de poètes contemporains de Guillaume Apollinaire mentionnés par lui dans le Mercure de France entre 1900 et 1910 comme faisant partie de l’avant-scène, aujourd’hui disparus dans les ténèbres de l’oubli. Eh oui… non seulement nous retournerons à la poussière mais la postérité oubliera notre nom… à moins qu’un autre Albarède n’ait l’idée d’en citer dans sa Ballade des poètes du temps jadis… dans un siècle ! Qui a dit que nous n’étions pas grand chose ? Je ne saurais trop vous conseiller l’abonnement à Comme en poésie : 1 an, 4 numéros – 12 euros. Etranger – 15 euros. Le numéro – 3 euros. Ecrire à Jean-Pierre Lesieur – 2149 avenue du Tour du lac, 40150 Hossegor. Comme sur Internet : http://comme.en.poesie.over-blog.com/

22.09.2007

Parmi les revues

Pour reprendre un travail de présentation de revues dans le blog Mot à Maux, en voici quelques-unes reçues récemment. Petites ou grandes, peu importe, il s’agit bien de faire circuler la poésie. D’ailleurs, où en est-elle la poésie ? C’est un peu la question que chacun se pose. Si on en juge par le nombre de revues, elle paraît plutôt bien se porter. Si on regarde un peu ailleurs, vers son audience, elle nous apparaît bien isolée. Quoi qu’il en soit, il y a quand même quelques mordus qui ne lâchent pas le morceau ! Il n’est qu’à voir le nombre de poètes, on se dit que la poésie doit pouvoir se sortir du mauvais pas. Le travail est bien entamé ; je pense que sans ces rencontres particulières en salons, en marchés de toutes sortes, la poésie serait encore un peu plus orpheline. De même pour les revues, dont certaines disparaissent et d’autres sont créées, qui entretiennent une unité de l’activité poétique de chacun, des nations et des genres. Certaines sont très modestes, d’autres semblent plus ancrées dans le paysage, tout cela contribue au même tissu social. Où en est la poésie ? N’est-elle pas constamment prête à surgir de l’ombre, en actions souterraines, désespérée, au bord de la crise de nerf, un peu comme chacun finalement ? C’est qu’entre réalité et utopie, il y a tout un monde. Nous ne faisons pas le poids face à la machine économique. Autant se frapper la tête contre les murs, ils ne bougeront pas. Pas de fatalité pourtant, les rêves font partie de notre univers. Nous savons les faire briller. Leur rendre leur signification première. Et qui a dit que le combat était désespéré ?

2112df0c2fad0af53d0e1c1a16c37927.jpgLibelle (n°182) : mensuel de poésie : J’ai rencontré Michel Prades lors d’un marché, assis à sa table près d’une fontaine. L’image du poète humble au milieu de cet univers urbain dont les griffes sont d’acier. On se dit que cinq-six pages ce n’est pas grand chose, mais cela contraste fortement avec ces magazines papier glacé. L’esthétique est autre, les buts forcément divergents. Pourtant je préfère mille fois ces quelques pages. Beaucoup d’auteurs au sommaire : Matthieu Gosztola, Lorand Gaspar, Constantin Frosin, Dan Leuteneger… plus quelques chroniques. 116, rue Pelleport – 75020 Paris (12n°/an) 25 euros. http://michelprades.estsurle.net/

Virgule (n°5) : Une expérience d’édition encore plus radicale, emmenée par le très créatif Rodolphe Olcèse et ses compagnons de L’envers du geste. On peut consulter la revue sous format pdf, mais autant la commander à Christophe. Seule revue que je connaisse dont la couverture est toute blanche (blanc cassé). La mise en page est remarquable, agrémentée de photos noir et blanc. Les poèmes y parlent de la vie moderne, urbaine. Au sommaire : Yann Goupil, Sébastien Tavel, Orlan Roy, Antoine Parouty, Marc Barbé, Damien Marguet, Rodolphe Olcèse. Pour commander, écrire à Rodolphe, via son blog : http://rodolpheo.hautetfort.com/

89276b66c489d6eed42f5e70f9cd644f.jpg Triages (n°19) : « Revue littéraire et artistique » annuelle des éditions Tarabuste. En première partie de ce dix-neuvième numéro, « Des écritures qui font signe » poèmes de onze auteurs, dont Sabine Bruneteau qui s’interroge sur la « perception d’une modèle ». De très bons textes de Sabine déjà publiée dans Mot à Maux, Verso et Friches. Puis « Je ne sais pas… » de Bernard Vargaftig et un entretien entre Alexis Pelletier et Dominique Lemaître, accord entre musique et poésie. Un second entretien avec Louise Barbu, entre poésie et peinture. Jacques Lèbre nous livre son expérience de guichetier. La rubrique cuisine nous rappelle quant à elle que la poésie est aussi un art culinaire, celui d’agencer les mots afin de produire une sensation ou une réflexion. On pense ici au surréalisme qui utilisait aussi ce procédé d’insertion dans la production de ses œuvres. Claude Held livre enfin une très belle réflexion sur la poésie qui commence ainsi : « La poésie occupe une place paradoxale dans la vie littéraire française. Elle est la belle putain de la langue, inaccessible, lointaine, hautement désirable, chantée, adulée par ce qu’il est convenu d’appeler des « élites » et tout à la fois ignorée, marginalisée par les médias et l’édition institutionnelle, par un monde fondé sur le marketing, le rentable à court terme, le scoop de l’immédiat. » La revue Triages s’ouvre à tous les visages de la poésie tout en menant une réflexion sur celle-ci et ses rapports avec le monde. Un travail important à découvrir chaque année. Ecrire à Djamel Meskache, Rue du Fort – 36170 Saint-Benoît-du-Sault. Le numéro : 23 euros. 

J’ajouterai régulièrement quelques revues dans cette rubrique. Du moins celles que je peux recevoir.